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22/01/2015

Pourquoi on préférait Trezeguet

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Sincèrement, Thierry Henry, cela ne nous avait presque rien fait. Evidemment, c’était une part de jeunesse qui s’envolait, l’été 98, seize ans déjà, c’est fou ce que le temps passe. Mais Trezeguet qui s’en va, c’est autre chose. Aussi loin qu’on s’en souvienne à Zone mixte, on a toujours été Trezeguet. Pas Anelka, pas Henry. Non, Trezeguet. 


C’est difficile à expliquer. Ça remonte tout au début. Peut-être ce but de la qualif' à Manchester. Une frappe de mule sous la barre et ce commentaire de l’époque de Jean-Michel Larqué: "Il fait toujours ses appels au bon moment, je l’aime bien ce Trezeguet." Nous aussi. On était jeunes, 12/13 ans, et à cet âge, c’est à la vie à la mort. Ce fut Trezeguet, donc, malgré tout. L’éloignement en Italie, le caractère taiseux, le style de jeu, bien trop raffiné pour la France, et ce tir au but manqué en 2006, qui clôturait sa carrière en Bleu sur un malentendu que le roi David ne méritait pas. Pour lui rendre hommage, Zone mixte n’a pas choisi  la finale de l’Euro 2000 ou le meilleur de ses reprises du tibia dans les six mètres avec la Juve. Parce que sans sortir de YouTube, il y a mieux pour raconter Trezeguet.

La relation avec Henry

Tout a été écrit sur Henry et Trezeguet. Qu’ils se sont aimés, qu’ils se sont quittés, et qu’ils ont fini par se détester. Qu’il n’y avait pas de place pour deux shérifs dans le far west des 18 mètres adverses. Que l’attaquant d’Arsenal est allé voir Jacques Santini pour lui demander la peau de l’avant-centre de la Juve, et que Domenech a fini par lui donner raison de guère lasse. Peut-être. Le constat, lui, oblige à reconnaître que la complémentarité des deux hommes n’a jamais sauté aux yeux, à part en Allemagne, en 2003, un soir de grâce collective. Qu’en pensent les deux concernés? On ne sait pas. On ne saura jamais. Stade 2, il y a quelques années, avait tenté de percer le mystère. C’est un beau reportage. Un peu faux, par moments, sûrement, il y a des caméras, et personne n’allait s’assassiner en public. Mais émouvant, aussi. Lorsque, par exemple, Trezeguet dit 'merci à Titi' pour l’avoir pris sous sous son aile à Monaco, quand le premier était seul, dans un pays étranger, à 17 ans. Henry, alors, a les larmes aux yeux, et c’est peut-être de la comédie, mais cela ressemble à l’idée qu’on se fait d’une amitié intense, indéfectible, dans le foot de haut niveau, entre deux types qui partagent le même poste. C’est en tout cas ce qu’on a envie de croire.

La relation avec les Bleus

Trezeguet n’était pas très causant. Pourtant, il avait un bel accent, et cela aurait pu l’aider, parfois, à défendre mieux sa cause. Celle d’un des meilleurs attaquants de surface de l’histoire, reconnu comme tel dans la Série A des années 2000, le championnat le plus relevé d’Europe à l’époque. Avec le recul, c’est un comble, tout de même, qu’il n’ait jamais plus marqué en Coupe du monde après l’Arabie saoudite en 98, et qu’il n’ait jamais démarré titulaire une phase de finale de grande compétition en dehors de 2002. Sa frappe sur le poteau, en ouverture contre le Sénégal, aurait pu changer son destin et celui des Bleus. Au lieu de ça, Trezeguet est devenu remplaçant, puis remplaçant du remplaçant, et on ne l’a jamais senti désireux de s’y opposer. Sauf une fois, dans un sujet diffusé dans L’Equipe du dimanche. Le meilleur buteur de l’histoire des Bleus au ratio but/minutes jouées y saisit un marqueur, avant d’annexer le paperboard. Trezeguet inscrit son nom, à l’entrée de la surface, celui de Nedved à gauche et de Camoranesi à droite. Puis ceux de Malouda et de Ribéry, beaucoup plus bas. "En équipe de France, on est tout en bas. Je pense qu’on a les qualités pour être beaucoup plus haut placés sur le terrain et être beaucoup plus efficaces en attaque. [Puis, en montrant la surface]. On peut aller partout sur le terrain, mais au final ça se passe là. Tout se passe là-dedans." Le manifeste est explicite. Mais il est déjà trop tard.

La relation avec les Français

David Trezeguet a raté le seul penalty d’une séance de tirs aux buts qui aurait pu donner à la France sa deuxième Coupe du monde, et vous ne trouverez personne pour lui en vouloir, quand la retraite d’Henry, par comparaison, a suscité autant d’hommages généreux que de commentaires haineux. La main contre l’Irlande y est pour quelque chose certainement, mais Trezeguet aura incarné, malgré l’éloignement et les incompréhensions, une sorte de gentleman immaculé. Il est difficile d’en vouloir, c’est certain, à un homme qui vous a fait pleurer de joie un soir de France-Italie. Un moment d’extase que vous raconterez à vos petits-enfants, des frissons dans le corps, même des années plus tard, avec l’image, pour l’éternité, de ce centre en retrait, de cette demi-volée, de ce plongeon de Toldo, qui sait déjà que tout est perdu. Trezeguet, c’est aussi ces larmes de bonheur sur le banc, contre le Brésil, quand le gamin de 20 ans comprend qu’il va être champion du monde. Et ces larmes de peine, sur le balcon, en 2006, quand la foule se met à scander son nom, lui l’auteur du penalty raté, quand Zidane, regard noir et visage figé, erre dans les couloirs du Crillon. Trezeguet, sincère et unique, jusqu’au bout.  

Julien Laloye

17:56 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : trezeguet football Partager cet article avec:

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Commentaires

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Écrit par : best essay writers | 26/01/2015

C'est vrai que d'est dur de lui en vouloir pour ce penalty raté. A côté de ça d'autres se seraient lyncher sur la place publique, mais pas Trezeguet. Les larmes de 2006 sont gravés à jamais comme un moment intense, touchant et beau, tout simplement. Merci pour tout David !

Écrit par : Un footeux | 13/02/2015

Pour moi trézégoal c'est le but de la qualif qui m'as vraiment marqué et je ne l'oublierai pas. Mais Thierry henri nous as aussi fait rêver et il ne faut quand même pas l'oublier. Arrêtons les polémiques et il n'y as pas a avoir de Haine ni envers l'un ni envers l'autre. Ceux qui aiment le foot ne s’arrêtent pas la et regardent la beauté du jeu avant tout.

Écrit par : charles | 25/02/2015

Et ces larmes de peine, sur le balcon, en 2006, quand la foule se met à scander son nom, lui l’auteur du penalty raté, quand Zidane, regard noir et visage figé, erre dans les couloirs du Crillon.

Écrit par : 77dewa | 30/03/2015

Pour moi trézégoal c'est le but de la qualif qui m'as vraiment marqué et je ne l'oublierai pas. Mais Thierry henri nous as aussi fait rêver et il ne faut quand même pas l'oublier.

Écrit par : ituDewa.net Agen Judi Poker Domino QQ Ceme Online Indonesia | 13/04/2015

Les commentaires sont fermés.

 
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