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11/06/2012

Equipe de France: Le 4123, un magique système?

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"A Bordeaux, j’ai beaucoup utilisé le 4-4-2 mais, je me répète, au plus haut niveau, le 4-4-2 n’existe quasiment plus. Ce qui n’empêche pas d’y déroger de temps en temps."

(Laurent Blanc, en octobre 2011)

442, fatal system error. Pour le sélectionneur des Bleus, le bon vieux système d’exploitation à deux attaquants, avec ses bugs intempestifs au milieu de terrain, est visiblement mort en même temps que Windows XP. Des voix se sont bien fait entendre à l’issue du match face à l’Islande (3-2) pour réclamer une update, voire un plugin Giroud. Mais Blanc n’a rien voulu entendre. L’équipe de France jouera en 4123, et puis c’est tout. Et c'est tant mieux pour l'attaque de l'équipe de France.


D'abord, les chiffres lui donnent raison. Car c’est avec cette organisation que les Bleus ont réalisé leurs résultats les plus probants offensivement. La Bosnie à Sarajevo, l’Angleterre, le Brésil, le Chili ou encore l’Allemagne. En treize matches disputés dans cette configuration, les Français l’ont emporté neuf fois, pour quatre nuls. Soit un pourcentage de victoires de 69% bien supérieur à celui obtenu en 442 et même en 4213 (60% chacun). Le sélectionneur n’a pas non plus oublié que les deux seules défaites enregistrées par ses joueurs l’ont été avec une attaque à deux éléments et que la plupart de leurs matchs poussifs (la Croatie, la Biélorussie à Minsk, l’Albanie à Tirana ou les Etats-Unis) l’ont été dans une organisation autre que son 4123 désormais habituel.

Mieux encore, dans le jeu, l’organisation offensive des Bleus a fait ses preuves. A rebours de l’impression mitigée que tout le monde semble avoir gardée de l’ère Blanc, un revisionnage des matchs de ces deux dernières années donne à voir une équipe joueuse, des habitudes et surtout des combinaisons préférentielles plutôt efficaces. Pour la faire courte, l’attaque de l’équipe de France est organisée autour de Karim Benzema. Le Madrilène est absent, et c’est tout l’esprit du système qui disparaît. Ni avant-centre, ni numéro dix ou peut-être un peu tout cela à la fois, le Madrilène dispose d’une très grande liberté sur le front de l’attaque. Il ne dézone pas, parce qu’il n’a tout simplement pas de territoire. Alors qu’au Real, Mourinho en a fait un véritable avant-centre capable de prendre la profondeur et chargé de convertir les offrandes de ses coéquipiers, Blanc laisse Benzema initier bien souvent ses propres occasions. Deux actions face à la Serbie (à 2’33 et 3’20 de la vidéo) sont symptomatiques de sa manière de jouer.

 
Benzema venant très souvent chercher le ballon loin derrière, il a besoin du soutien des deux ailiers ainsi que des milieux pour apporter le danger. Ce que les Bleus font plutôt bien. Cabaye et Malouda se projettent vers l’avant, jouent vite et n’hésitent pas à frapper de loin, bien aidés par le talent de Benzema pour attirer les défenseurs et libérer des espaces. Ribéry et dans une moindre mesure Nasri jouent le rôle de dynamiteurs de défense, chargés par leurs dribbles et leurs courses de désorganiser le camp adverse. Dans la zone de vérité, le jeu français fait de passes courtes, de petits espaces et de décalages convient très bien aux qualités offensives des Bleus. Le but de Debuchy contre l’Islande ou le but de Ribéry contre l’Estonie (à 0'20), consécutif à un une-deux avec Benzema, en sont le résultat.
 

 
En deux ans, Laurent Blanc a donc réussi à reconstruire une équipe compétitive avec une idée de départ bien arrêtée et une animation offensive aux caractéristiques propres et reconductibles d'un match sur l'autre. Cela s'approche d'un "style de jeu" sur lequel s'appuyer en permanence, ce qui est déjà énorme. Reste tout de même une grande inconnue: comment va se comporter cette équipe si elle est menée? Dit autrement, quels ressorts actionner si les Bleus, comme c'est probable à moins de gagner l'Euro dans un fauteuil, doivent par exemple arracher leur qualification sur la dernière demi-heure du dernier match de poule ou remonter un score défavorable à un quart d'heure de la fin d'une demi-finale au couteau? 
 
On s'aperçoit -mais est-ce un reproche qu'on peut lui faire?- que l'équipe de France, en 23 matchs sous l'ère Blanc, n'a presque jamais été confrontée à cette problématique. Quatre fois seulement en comptant les deux défaites inaugurales face à la Norvège et la Biélorussie, trop lointaines pour en tirer des enseignements. Le match face à la Bosnie au Stade de France (1-0 pour les Bosniens à la mi-temps) et celui contre l'Islande (0-2 au repos), avec des enjeux très différents, correspondent au  final aux deux seules "remuntadas" de ces Bleus-là. Que nous apprennent-ils? Eh bien pas grand-chose en fait. Enfin si, ils confirment l'idée que le 4-1-2-3 est LE système préférentiel de Blanc, surtout dans les soirées ou rien ne va. Contre la Bosnie, Nasri a démarré en meneur de jeu devant Cabaye et M'Vila (en 4-2-3-1), avant de descendre à leur niveau pour essayer de contrer l'énorme domination de Pjanic and co au milieu. C'est avec le Citizen en ailier gauche et Martin + Cabaye sur la même ligne que l'équipe de France a fini par prendre le jeu à son compte et égaliser. Contre l'Islande, c'est en revenant à un système plus équilibré après le repos -Blanc avait aligné la génération 87 + Gourcuff et Cabaye en milieux défensifs au départ, une hérésie- que la France a renversé la tendance. Deux corrections après coup pour revenir au 4-1-2-3 donc. La preuve que dans son arsenal tactique, Blanc ne dispose pas vraiment de plan B capable d'offrir aux Bleus un temps fort efficace sous la contrainte d'une urgence de résultat immédiate.
 
A défaut de schéma de rechange avéré, il existe pourtant dans ce groupe des 23 de vrais profils susceptibles d'apporter des possibilités tactiques différentes aux Bleus. En dépit de l'absence de Rémy, qui pouvait faire émerger l'idée d'une variante "jeu long dans la profondeur", Laurent Blanc s'est offert un banc très fourni en armes offensives: Valbuena, Martin, Ménez, Ben Arfa et Giroud. Le tout étant de savoir les utiliser à bon escient. Si on devait les catégoriser en fonction de leur rôle dans les matchs de préparation, on cantonnerait les deux premiers à un rôle de "facilitateurs" de jeu quand il s'agit de conserver le ballon et le score en fin de rencontre, un registre observé lors de la seconde mi-temps face à l'Estonie. Cela laisse donc Ben Arfa, Ménez et Giroud comme véritables jokers d'urgence pour changer le visage d'un match mal embarqué. 

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Or sans préjuger de  l'opinion de Laurent Blanc à leur égard, c'est là où on a un peu de mal à comprendre où le sélectionneur veut en venir. Jamais, au court de la préparation, ces trois hommes n'ont pu évoluer durablement avec Benzema, le maillon fort de l'attaque tricolore, pour faire naître une complicité durable. Leur entrée conjointe face à l'Estonie, à la place du trio titulaire Benzema-Nasri-Ribéry, a même entériné l'idée d'une rupture nette dans l'esprit de Blanc entre ces trois-là et les autres. Comme pour dire, "j'ai mes attaquants titulaires, les autres se débrouilleront quand j'en aurai besoin". Alors on veut bien concéder que l'entrée de Giroud tout en "fixation/remiseur" face à l'Islande a permis d'identifier ce que le Montpelliérain pouvait apporter aux Bleus sur 10/15 minutes (jeu long, remises, frappes aux buts), mais quid de Ben Arfa et Ménez, deux des plus grands talents offensifs purs de cet Euro? A aucun moment, ils n'ont été mis en valeur après une première mi-temps moyenne contre l'Islande. 
 
A vrai dire, on imagine bien Laurent Blanc sur son banc décider ça à pile ou face, appeler l'heureux gagnant, et lui glisser à l'oreille "prends la balle et provoque un miracle" avant de le lancer à la 70e minute d'un France-Espagne qui se goupille mal en quart. Tout miser sur leur qualité individuelle sans jamais avoir pensé à un système pouvant leur offrir une chance d'apporter quelque chose sans devoir dribbler la moitié de l'équipe adverse en quelque sorte. A ce sujet, nous revient en mémoire une anecdote  à propos de l'Euro 2004 fort bien narrée par Jérôme Rothen dans sa biographie sortie il y a quelques années. A l'époque, le Monégasque fait partie du groupe des 23 de l'Euro, mais Santini a depuis longtemps choisi son animation offensive, limitée au quatuor Zidane-Pirès-Trezeguet-Henry. Le sélectionneur prend même la peine de convoquer Rothen dans son bureau pour lui dire qu'il est l'arme fatale de son plan B (un ailier capable d'écarter le  jeu et de centrer sans dribbler), mais qu'il a renoncé à le tester en préparation! On connaît la suite: Les Bleus sont dans l'impasse face à la Grèce en quart (0-1), et Santini appelle Rothen à un quart d'heure de la fin en lui lançant "Jérôme, tire-nous de là" comme on balance un shoot ave maria du milieu de terrain à trois secondes de la fin du match 7 de la finale NBA. 
 
On ne dit pas que les Bleus de 2012 courent vers la même fin. On observe simplement que le grand Bordeaux de Blanc s'est d'abord bâti sur un onze de départ tout-puissant au détriment d'un banc de touche peu valorisé (Cavenaghi, passé en un an de buteur ultime à vulgaire encombrant). Lequel banc de touche, à force de ne plus se sentir concerné, s'est montré incapable de redresser le niveau de l'équipe quand les titulaires ont plongé, à partir de décembre 2009. Espérons que l'expérience ne se reproduira pas.
 
Nicolas Beunaiche et Julien Laloye

00:11 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : football, euro 2012, euro, france, bleus, équipe de france Partager cet article avec:

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Commentaires

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Écrit par : Belle | 18/09/2012

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Je désire simplement vous dire que votre article est super.
Même moi j'ai compris, c'est pour vous dire. =P
Sérieusement, bravo !
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Écrit par : maison container | 04/10/2012

On attend notre équipe de France en meilleure forme pour l'avenir!

Écrit par : Pneu 4x4 | 09/11/2012

L'équipe de france est en forme et c'est tant mieux !

Écrit par : solaire photovoltaique | 09/12/2012

Article bien rédigé avec des vidéos bien choisies !
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Écrit par : Xavier | 08/02/2013

Le score, le pénalty pour le Barça, l'égalisation à la dernière minute, tout y était, même la cerise !

Bravo à vous et merci pour ce moment de franche rigolade.

Écrit par : idrpoker.com agen texas poker online indonesia terpercaya | 11/03/2014

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Écrit par : minta maaf | 25/04/2014

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Écrit par : pengen cepat hamil | 25/04/2014

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Écrit par : cara belajar bahasa inggris dengan cepat | 25/04/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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