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18/04/2012

Chelsea, le dernier espoir

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"Les joueurs de Chelsea respecteront le Barça, mais en avoir peur? Non [...] Le Barça va garder la balle, donc Chelsea devrait attaquer vite, et cela sans se soucier de la possession de balle, parce qu'il ne va pas l'avoir."

(Claudio Ranieri, dans une interview à la BBC)

Chelsea-Barcelone, Barcelone-Chelsea. Pour faire simple, il n’y a pas meilleures équipes en Europe sur la dernière décennie que ces deux-là (dix demi-finales cumulées depuis 2004). Il n’y a pas, non plus, duels plus épiques dans la durée. Tout le monde se souvient du pointu de Ronaldinho en 2005, un soir de détresse de la défense catalane à Stamford Bridge (1-2, 4-2). Personne n’a oublié la conférence de presse mythique de Mourinho après l’expulsion de Del Horno en 2006 (2-1 pour le Barça deux fois). Que dire enfin, de "l’Iniestazo" de 2009 conjugué au "fucking disgrace" de Drogba (0-0, 1-1)?


Voilà pour la nostalgie. Encore que. Si on se donne la peine de revenir là-dessus, c’est pour essayer d’en tirer quelques enseignements tactiques pertinents avant le match qui nous intéresse, celui de ce mercredi soir en demi-finale aller de la Ligue des champions. On écartera assez vite les cas de 2005 et de 2006, car à ZM, on considère que le Barça de Rijkaard n'est qu’une version bêta de celui mis en place par Guardiola. En vrac: Messi et Iniesta sont encore jeunes, Alves n’est pas là, et l’Espagne de Xavi et Puyol n’a pas encore le "mojo" de la gagne insufflé par l’Euro 2008…

La double confrontation de 2009, en revanche, mérite le détour. L’histoire, toujours cruelle avec les perdants, n’a retenu que le chef d’œuvre tactique de Mourinho comme seul capable de mettre le Barça échec et mat. On n’est pas forcément en désaccord avec ça –on en a longuement parlé ici- mais la démonstration du Chelsea de 2009 version Guus Hiddink mériterait presque les mêmes égards.

Souvenons-nous du contexte. Avril 2009, le Barça est sur le point de coller six pions au Real à Bernabeu, et le 4-3-3 hyper offensif de Guardiola est un ovni qui débarque sur la planète football. En Liga, les manitas succèdent aux manitas (le Barça marque au moins quatre fois sur onze matchs différents). En Europe, Lyon et Munich ont explosé dans des proportions à l’époque inimaginables au Nou Camp (5-2, 4-0). Bref, quand Chelsea débarque en Catalogne en demie, personne n'a la recette pour battre cette équipe. Seul l’OL, le temps d’une mi-temps disputée à cent à l’heure à Gerland, a dévoilé quelques pistes (grosse débauche physique, pressing de tous les instants, projection rapide vers l’avant), mais c’est bien tout.

Pourtant, ce soir-là au Camp Nou, Chelsea, disposé dans un 4-5-1 tout en muscles, avec une charnière Terry-Alex, un milieu en losange composé d’Obi Mikel, Essien, Lampard, Ballack et Malouda, derrière un avant-centre au profil de déménageur (Drogba), fait vivre un enfer aux Blaugrana. Les couloirs -Henry-Abidal à gauche et Messi-Alvès à droite- sont bloqués, et seul Yaya Touré soutient la comparaison physique dans le rond central. Conséquence, le Barça arrose de loin (17 tirs, 6 cadrés) et ne se crée qu’une véritable occasion nette avec Eto’o, qui vaut tout juste celle de Drogba profitant d’une erreur grossière de Marquez. Le tout malgré une possession de 70% et bonne dizaine de corners (pour l’analyse complète, relire l’excellente chronique de notre ami Florent Toniutti).

Pour le complément d'info, c’est la seule fois sous l’ère Guardiola que le Barça n’est pas parvenu pas à marquer chez lui en coupe d’Europe sur 23 tentatives. Ça vous pose une équipe.

Le match retour, n’ayons pas peur des mots, confère à la fessée cul nu pour les joueurs catalans. De la 1ère à la 92e minute, les Blues d’Hiddink, avec le même onze ou presque (Anelka remplace Obi Mikel), martyrisent leur adversaire. Ils n’ont le ballon que 29% du temps et trouvent le moyen de frapper autant que le Barça, tout en cadrant plus (13 contre 14, 6 contre 1). On a vérifié, le Barça ne se procure pas une seule occasion digne de ce nom, seulement maintenu en vie par le coaching trop frileux d’Hiddink à onze contre dix -faire entrer Belletti à la place de Drogba, la seule erreur du technicien batave sur les deux matchs- et la mansuétude de M.Ovrebo. Même si on préfère laisser aux autres le débat sur l’arbitrage de notre ami novégien, on est obligés de constater que ce soir-là, le Barça n’a pas à s'en plaindre.

Autant l’avouer tout de suite, cela ne nous a pas empêché de nous réjouir du pétard d’Iniesta. "Chelsea n’a pas joué, c’était de l’anti-football, il y a une morale, le beau jeu a gagné…" Tout ça, on l’a un peu pensé. Sauf qu’on regrette de ne pas avoir su apprécier à sa juste valeur la démonstration tactique des Blues.

Sûrement  pensait-on à l’époque qu’une équipe aussi unique que ce Barça-là méritait vite un titre avant que la magie ne disparaisse. Et bien on a eu tort. Aujourd’hui, Barcelone menace de gagner sa troisième Ligue des champions en quatre ans. Oui, menace. Cela ravit sans doute les supporters catalans de voir leurs protégés marcher sur la C1 comme sur une vulgaire Coupe de Catalogne, mais très franchement, ça n’a pas de quoi réjouir l’amateur de foot. On peut être –à juste titre- admiratif du génie collectif blaugrana et déplorer qu’il n’existe personne pour lui donner une réplique à la hauteur. Hormis le Real Madrid, s’entend. Pour ça, il y a déjà la Liga et la Coupe d’Espagne. Si le Real et le Barça se rencontrent en finale, cela fera 13 clasicos en deux ans. Il y en a qui aiment. A ZM, on frôle l’overdose. La coupe d’Europe a acquis ses lettres de noblesse en transcendant les styles et les cultures footballistiques. Pas en nous offrant des resucées de championnats nationaux.

Alors qui diable peut-il faire tomber le Barça parmi le top 10 européen? Manchester n’a rien pu (su) faire sur deux finales. Arsène Wenger, l’autre référence continentale sur le plan du jeu, a failli perdre le bénéfice de quinze ans de boulot pour deux leçons reçues au Camp Nou. L’Inter? Un one-shot sans lendemain. Milan et sa science défensive? Les papis rossoneri n’ont tenu qu’une manche en quarts. Le Bayern Munich? Les Bavarois présentent la même défense en carton qu’il y a trois ans, on a vu le résultat (4-0 et 2-1). Reste Chelsea, donc. Un Chelsea vieillissant et auteur de sa pire saison en Premier League depuis un bail. Mais un Chelsea toujours capable d’avoir le feu sacré lors des grands soirs; Naples et Tottenham peuvent en témoigner. Un Chelsea qui a toujours joué les yeux dans les yeux avec le Barça. Peut-être même la dernière équipe –avec le Real- à susciter encore un mélange de crainte et de respect dans les esprits barcelonais. Pour l’intérêt de la compétition, espérons que cela dure au moins un soir de plus.

Julien Laloye

00:27 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : football, ligue des champions, chelsea, barcelone, messi, drogba, barça Partager cet article avec:

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Commentaires

C'est quoi ce post a 2 balles,
Faut il rappeler qu'au match aller de 2009, Chelseas aurait du finir a 10 ou voir a 9 et que Barcelone aurait du merite un penalty.
La rencontre retour aurait ete differente. Dans les 2 cas, ces 2 rencontres ont ete floue mais il ne faut pas parler d'arbitrage pro barca quand au match aller, il y a eu un tel laxisme que barcelone aurait pu en faire les frais.
De meme, contre l'inter en 2010, ils ont beneficie d'un arbitrage ultra favorable sans ca, le barca se serait qualifie.

Écrit par : rebrov | 18/04/2012

Rebrov
C'est quoi ce comm pro Barça ? il n'y a pas eu d'arbitrage ultra favorable pour l'inter en 2010, le barça est tombé sur plus fort que lui et cette équipe bénéficie aussi des largesses de l'arbitrage actuel (cf Busquets) dès qu'elle est titillée et ne domine plus outrageusement, l'équipe du barca perd aussi ses nerfs (cf aller-retour inter) ils ont perdu en 2010 car ils étaient tombés sur plus fort qu'eux c'est tout.Regarde cet article du monde "barcelonix" j'espère que tu t'y retrouveras...... http://latta.blog.lemonde.fr/2012/04/16/linvention-du-footix/

Écrit par : mamatt | 18/04/2012

Mamatt le footix , avant de traiter les autres de la sorte , regarde toi avant .
L'Inter n'a pas eu d'arbitrage favorable à l'aller ? But hors jeu de Milito , faute sur Messi sur le 2ème et Olegário Benquerença , un pote à Mourinho à l'arbitrage ... tout comme hier , Madrid n'a pas eu un arbitrage maison à l'Allianz Arena ? Coentrao , Marcelo et j'en passe devait jamais finir le match ... heureusement que le Bayern a gagné .

Écrit par : Makarov | 18/04/2012

Très bon post, on pourrait rajouter que l'arbitre du Barca-Chelsea de 2009 a été radié de la Ligue des Champions après sa prestation, pour ces personnes qui, comme rebrov plus haut, pensent que l'arbitrage avait été juste à l'époque.

Écrit par : jazy_ja | 18/04/2012

Le jeu était difficile à voir et à qui était probablement la raison pour laquelle le joueur a été se plaindre au sujet de la pénalité qu'il a été reçu

Écrit par : content writers | 09/05/2012

ce que je cherchais, merci

Écrit par : GeowFetrome | 06/06/2012

Chelsea, équipe magnifique, Drogba joueur en or, rien à redire si ce n'est BRAVO

Écrit par : Pneu 4x4 | 03/10/2012

r dépis.Bref ... Un stade nouveau (comme si l'ancien était maudit) ou on va aussi faire les courses, cela fait rire, le football n'est pas un champ de foire tout de même.Et puis pour eux,il n'y a que le resultat qui compte, leur jeu est mauvais dans leur état d'esprit,parlent mechement sur le

Écrit par : idrpoker.com agen texas poker online indonesia terpercaya | 11/03/2014

Faut il rappeler qu'au match aller de 2009, Chelseas aurait du finir a 10 ou voir a 9 et que Barcelone aurait du merite un penalty.
La rencontre retour aurait ete differente. Dans les 2 cas, ces 2 rencontres ont ete floue mais il ne faut pas parler d'arbitrage pro barca quand au match aller, il

Écrit par : kata kata untuk ibu | 24/04/2014

C'est quoi ce comm pro Barça ? il n'y a pas eu d'arbitrage ultra favorable pour l'inter en 2010, le barça est tombé sur plus fort que lui et cette équipe bénéficie aussi des largesses de l'arbitrage actuel (cf Busquets) dès qu'elle est titillée et ne domine plus outrageusement, l'équipe du barca

Écrit par : ingin hamil | 24/04/2014

Très bon post, on pourrait rajouter que l'arbitre du Barca-Chelsea de 2009 a été radié de la Ligue des Champions après sa prestation, pour ces personnes qui, comme rebrov plus haut, pensent que l'arbitrage avait été juste à l'époque.

Écrit par : belajar grammar bahasa inggris | 24/04/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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