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19/02/2012

Le PSG, champion de France par forfait?

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"On a le sentiment que s’est installée une sorte de résignation chez les autres équipes. Un peu comme si le PSG, lorsqu’il entre sur le terrain, avait déjà match presque gagné. Cela me rappelle la grande période Lyonnaise avec leurs sept titres consécutifs. Lors de leur 4e et 5e saison, Lyon avait une équipe fantastique et quand elle entrait sur le terrain, elle exerçait un impact psychologique énorme sur leurs adversaires. Avant même de donner le coup d’envoi il y avait 1-0 pour l’OL dans la tête de l’adversaire."

(Grégoire Margotton, compagnon du dimanche soir)

Non, Grégoire Margotton ne passe pas son temps à réfléchir au nom marketing du prochain Nancy-Nice. Le commentateur vedette de Canal+ dit aussi des choses pas bêtes sur la L1 dans une interview donnée récemment au blog En pleine lucarne. Avant un "choc" contre Montpellier que tout le monde veut croire décisif dans la course au titre 2012, son analyse mérite débat. Elle postule que le PSG a déjà plié la L1 pour les quatre-cinq années à venir minimum. Parce qu’il est plus riche? Non, parce que le reste de la L1 s’est déjà résigné à jouer les faire-valoir, comme à l’époque de l’OL version Blietzkrieg aka "Diarra tu passes pas Essien te passe dessus Juni finit le boulot".


Evacuons d’ailleurs tout de suite l’argument mille fois rabâché «c’est normal, avec l’argent des Qataris, personne ne peut rivaliser bla bla bla…» Si les nouveaux moyens du PSG devaient faire du club parisien un abonné du top 3 à court terme, qui peut dire aujourd’hui que c’est l’argent qui va faire gagner le titre à Paris? L’effectif parisien est-il le meilleur de France, meilleur que celui de Lyon, Marseille, ou Lille? Même pas. A la rédac de ZM, on faisait partie de ceux qui voyaient le PSG lutter pour le podium mais devoir attendre 2012-2013 avant d’être compétitif pour le titre. Six mois plus tard, grosse claque: Paris est déjà champion. Dix points d’avance sur tous ses concurrents naturels -on ne compte pas Montpellier, qui aura déjà fait une saison exceptionnelle s’il accroche la Ligue des champions. Les Héraultais ne sont pas armés pour le titre, que ce soit dit une fois pour toutes. RDV à partir de la 30e journée pour les sceptiques. Quand les mecs vont se rendre compte de ce qui leur arrive, quand les grands clubs étrangers vont commencer à se manifester publiquement pour Giroud, quand certains vont penser d’avantage à leur prochaine revalorisation de contrat qu’à leur prochain match. Fin de la parenthèse.

C’est en partant de ce constat qu’il est intéressant de s’arrêter sur la thèse de l’emprise psychologique du PSG sur ses adversaires. Déjà pour voir si elle est avérée. En gros, revenir en détail sur la façon dont Paris mène ses matchs: rapport entre nombre de matchs dominés et nombre de matchs remportés, nombre de victoires arrachées dans le dernier quart d’heure, proportion de décisions arbitrales favorables ou défavorables… Pourquoi cette méthode? Car c’est encore ce qui caractérise le mieux le souvenir de la domination lyonnaise des années 2004-05-06. L’impression que quel que soit le scénario, l’OL finissait par l’emporter. Même s’il était bousculé, même s’il ne le méritait pas. Qu’un moment de pression de cinq minutes, un corner bien distribué, un coup-franc bien placé allaient suffire à faire basculer la victoire. Parce que le Lyon de l’époque profitait incroyablement bien de ses temps forts dans un match. Car cet OL ne jouait pas les 38 matchs de championnat à fond -dix tout au plus à plein rendement- quand il n’y avait ni blessés ni Ligue des champions. Le reste du temps, Coupet n’était pas le gardien le moins sollicité de L1. Il arrivait souvent dans un match que Lyon soit mis en difficulté. Sauf que les Rhodaniens n’avaient besoin que de 5/6 minutes à plein régime pour marquer et passer devant, ce dont avait conscience chaque adversaire qui les rencontrait. Ce n’est pas tant que ce dernier entrait sur la pelouse déjà mené 1-0, plutôt qu’il entamait le dernier quart d’heure –quand l’OL se décidait à emballer le match– avec la quasi-certitude d’encaisser un ou deux buts si la rencontre n’était pas déjà pliée. D’où le nombre hallucinants de succès arrachés par l’OL entre la 85e et la 95e minute, face à des joueurs tétanisés par le caractère presque certain de la défaite.

 

 

Théorème applicable à la saison parisienne? Voyons voir: 15 victoires. Dont la moitié au moins sont franchement tirées par les cheveux sur 90 minutes. Brest (la louche de Pastore), Nice (Pastore again), Dijon (combien d’occases foirées en première mi-temps), Saint-Etienne (Sirigu énorme), Evian (Sirigu again) auraient –objectivement- mérité mieux qu’une défaite contre Paris. Ca pour ne parler que des "petites" équipes. Qui était au Parc pour PSG-Lyon n’aurait pas crié au scandale si l’OL avait ramené le nul. De même à La Mosson, où Montpellier avait franchement bougé le bloc de Kombouaré avant de prendre 3 contres. A contrario, Paris aurait-il dû gagner des matchs où il a laissés des plumes? A part contre Nancy –en étant gentils- on ne voit pas. Si on arrêtait le Championnat à la mi-temps, les coéquipiers de Nenê ne seraient même pas sur le podium (un tiers des buts inscrits pendant le dernier quart d’heure, et qu’on ne vienne parler du banc parisien, à moins de considérer que Matuidi, Hoarau ou Chantôme sont des joueurs à même de faire basculer une rencontre en dix minutes). Vous voyez le lien avec la démonstration du savoir-faire lyonnais des grandes années? L’arrivée d’Ancelotti sur le banc a même renforcé cette sensation d’inéluctabilité (et encore, merci à Nenê d’avoir craqué tout seul face à Ospina à la 93e dimanche dernier)…

Comparé avec son parcours européen (2 défaites et un nul en trois matchs à l’extérieur), on a du mal à comprendre cette quasi invincibilité du PSG dans l’Hexagone. A moins qu’il ne faille faire le lien avec son nouveau statut, encore peu connu hors de nos frontières –donc moins intimidant- et un peu trop avancé comme excuse en L1. Le discours des coachs consultant est consternant de résignation quand il s’agit de Paris. Christophe Galthié récemment: "Le PSG s’est encore renforcé. Pour l’arrêter, il ne faudrait pas une épidémie de blessures, mais plutôt un raz de marée. Paris a 75% de chances d’être champion." Jean Fernandez, le seul à être sorti victorieux du Parc des Princes: "Je ne m’inquiète pas pour eux. Ils ont tout pour réussir une très grosse saison et remporter le titre. Ils ont un très gros potentiel. Ça arrive d’avoir un peu moins de réussite sur un match. Même si on y est un peu pour quelque chose!" Didier Deschamps, l’entraîneur du grand rival olympien, qui fessé Paris en novembre? "On se retrouve avec une équipe hors concours, impossible de lutter". Autant d’ambition c’est gênant….

 

Alors c’est tout bon pour Margotton? Presque. Car l’énorme différence entre le Lyon d’avant et le Paris de maintenant, c’est la désynchronisation entre le moment de résignation de l’adversaire et la force réelle du poids lourd en lice. Autrement dit: Lyon a attendu trois ans avant de bénéficier d’une emprise mentale conséquente sur la L1. Remember le premier titre, arraché à Lens lors de la dernière journée (avec Laigle, Delmotte et Linarès, faut-il le rappeler). Le troisième, après un retour canon sur Monaco, leader avec dix points d’avance en janvier. L’OL n’a finalement donné cette impression d’invincibilité que trois ans sur sept. Quand son équipe était au zénith. Une aura durement gagnée, si l’on peut dire. Pour Paris, que nenni. Le club n’est qu’à l’année n+1 de son rachat par le Qatar. Il aura, à n’en pas douter, une équipe de plus en plus fort à n+2, n+3, n+4. Et pourtant, il a déjà écrasé la L1. Difficile d’expliquer les raisons de ce renoncement précoce. La sensation que les moyens illimités du PSG le protègent de l’échec, quand la domination de Lyon était bâtie sur un système fragile (vente des meilleurs joueurs au prix fort pour acheter les meilleurs joueurs français sans se tromper)? Peut-être. Le constat est en tout cas inquiétant pour la L1. Si l’on suppose à juste titre que Marseille et Lyon resteront en retrait en terme d’investissement jusqu’à l’Euro 2016 et leur nouvelles recettes, Paris a une autoroute devant lui pour les cinq ans à venir (Lille sans Hazard…). Or, jusqu’à preuve du contraire, le cavalier seul lyonnais n’a pas franchement rendue la L1 plus forte et plus attractive, alors même que JMA faisait au moins l’effort de faire vivre le championnat sur sa réussite, là où le PSG achète massivement à l’étranger. Même une équipe capable de gagner la Coupe d’Europe d’ici deux-trois ans n’intéressera que les supporters parisiens. Les autres? Ils attendront que ça passe...

Julien Laloye

13:19 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : pastore, psg, montpellier, l1 Partager cet article avec:

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Commentaires

Très bon article mais attention cependant : Jean Fernandez n'est pas le seul à être reparti avec les 3 points au Parc, remember la première journée, victoire 0-1 de Lorient.

Sinon cette forme de résignation, je crois qu'elle existait bien avant le rachat du PSG. C'est une nouvelle méthode de comm' depuis quelques années. Quel entraîneur, même adversaire d'une équipe à la 20ème place dirait aujourd'hui : "on va les démonter" ? Au lieu de ça, langue de bois assurée : "bon on est favori mais sait-on jamais, ils ont des qualités, ils peuvent nous prendre à défaut".

C'est juste dans l'ère du temps...

Écrit par : Alex | 20/02/2012

Ils ont tellement d'argent ...

Écrit par : Créatine | 23/02/2012

Et dire qu il ont encore envie d y investir leur argent

Écrit par : unibet | 27/05/2012

"Paris est déjà champion. Dix points d’avance sur tous ses concurrents naturels -on ne compte pas Montpellier, qui aura déjà fait une saison exceptionnelle s’il accroche la Ligue des champions. Les Héraultais ne sont pas armés pour le titre, que ce soit dit une fois pour toutes. RDV à partir de la 30e journée pour les sceptiques. Quand les mecs vont se rendre compte de ce qui leur arrive, quand les grands clubs étrangers vont commencer à se manifester publiquement pour Giroud, quand certains vont penser d’avantage à leur prochaine revalorisation de contrat qu’à leur prochain match. Fin de la parenthèse."

Dommage de pas avoir compté Montpellier... En relisant ça plus tard, ça fait quand même méprisant et présomptueux. J'espère que le RDV avec les sceptiques s'est bien passé ! Gageons que votre assurance soit mise de côté pour vos prochaines rédactions ZM.

Écrit par : Thib | 28/05/2012

Wow ça c'est un article d'anticipation, limite science-fiction !! J'attends de voir ce que Paris fera en Ligue des champions et en championnat, Paris a toujours était l'équipe à abattre ! De plus avec leur mauvais supporter encore un handicap de plus !
En tous cas bravo à Montpellier qui a prouvé que le fric ne permet pas d'acheter les titres !

Écrit par : dude2000 | 05/06/2012

Gagnant par forfait... Une autre bêtise peut être ?
http://guide-spas.fr

Écrit par : http://guide-spas.fr | 26/02/2013

r dépis.Bref ... Un stade nouveau (comme si l'ancien était maudit) ou on va aussi faire les courses, cela fait rire, le football n'est pas un champ de foire tout de même.Et puis pour eux,il n'y a que le resultat qui compte, leur jeu est mauvais dans leur état d'esprit,parlent mechement sur le

Écrit par : idrpoker.com agen texas poker online indonesia terpercaya | 11/03/2014

Il y a de gros moyens derrière alors ils peuvent être champions !

Écrit par : Barbecue | 28/03/2014

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Les commentaires sont fermés.

 
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