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14/10/2011

Le football, une sale histoire de cul

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"En signant à l’Olympique de Marseille, vous pensiez être faits de ce marbre ou de cet acier précieux dont on fait les statues. Vous n’êtes faits, en réalité, que de cette matière dont on fabrique les bidets."

(Les Dodger’s, dans une lettre adressée aux joueurs de l’OM)

Entre les supporters et les joueurs, c’est souvent une affaire de cul. Une histoire de fessées mal digérées, de matchs de merde, de "bidets" donc, mais surtout de culs accusés de ne pas assez remuer. A Marseille, en février dernier, une banderole des Yankees sur ce thème avait mis Stéphane Mbia hors de lui, le Camerounais étant à deux doigts d’aller en découdre avec les milliers de supporters du virage Nord. "Bougez-vous le cul", c’est aussi l’expression choisie par José Anigo pour résumer le message des supporters aux joueurs à la suite de leur entretien de la mi-septembre. C’est encore, grosso modo, la conclusion générale de la lettre adressée par les Dodger’s aux joueurs olympiens après leur dernier match, nul, face à Brest. Les mots sont certes mieux choisis, le style plus imagé, mais l’antienne est la même. Et revoilà le cul des joueurs sur le banc des accusés…


A Marseille comme ailleurs, c’est devenu une constante dans le discours des supporters. A chaque période difficile, l’investissement des joueurs sur le terrain est remis en cause. On se souvient notamment de l’accrochage entre Vedran Runje et des Lensois énervés, conclu sur le classique "Bouge ton cul" (vidéo ci-dessous), ou encore de l’intrusion à la Jonelière de Nantais adeptes d’une autre formule choc au goût similaire: "Mouillez le maillot". Même les Arlésiens et les Brestois, peu connus pour leur hooliganisme, s’y sont mis. Mais est-il encore un stade de Ligue 1 où l’arrière-train des joueurs et leur volume de sueur écoulée n’ont pas subi un jour la vindicte populaire?

Sur le début de saison des Marseillais, pour en revenir à eux, il y aurait pourtant beaucoup à dire. Les choix de Deschamps, le manque de liant entre les lignes, l’absence de réussite aussi, les blessures et suspensions en cascade... Bref, un tas de choses. Or, dans leur lettre, les Dodger’s préfèrent expliquer le mauvais début de saison de leurs ouailles par leur attitude. En vrac, ils leur reprochent leur "manque de fierté", de "professionnalisme", de "respect" et de "reconnaissance", mais également leurs "ego surdimensionnés", leur "arrogance", leur "gloire de pacotille" et leur goût pour l'argent. N’en jetez plus. Tout juste évoquent-ils, brièvement, leur "manque évident de talent", en omettant de préciser que s’il est des responsables en la matière, ce sont bien les dirigeants qui les ont recrutés. En filant la métaphore, on pourrait finalement résumer le propos des Dodger’s –et celui des ultras, en généralisant- par "Bougez-vous le cul au lieu de ne penser qu’au vôtre".

Pour autant, les supporters font-ils complètement fausse route? Evidemment non –on y revient un peu plus bas. Mais il y a dans leur argumentaire un air de "c’était mieux avant" non dissimulé qui obscurcit leur vision des choses. Cet avant, c’est la période antérieure aux années 90. La décennie de l’internationalisation du marché des transferts et de l’arrêt Bosman, la petite bombe qui a fait exploser une bonne partie du football de papa. Avant, pour schématiser, c’est l’ère du "football-passion" et du "joueur de club"; après, celle du "football-business" et du "bras de fer". Ce tournant dans l’histoire du ballon rond a indéniablement entraîné les joueurs vers plus de carriérisme et d’individualisme. C’est entendu. Mais a-t-il dans le même temps alourdi leur fessier? On en doute fortement. Il y a d’ailleurs un paradoxe à pointer du doigt le professionnalisme des footballeurs actuels, à côté desquels leurs prédécesseurs feraient presque figure de semi-amateurs. Quant à leur engagement sur le terrain, même si la lenteur d’un Alou Diarra ou la maladresse d’un Anthony Modeste peut parfois paraître suspecte, rien ne permet de le mettre en doute. On imagine mal un joueur, même le moins attaché au maillot qu’il porte, traîner la patte par "laxisme" ou "arrogance". Si ce n’est l’amour du jeu ou de son club, son envie de faire carrière suffirait à lui faire "bouger le cul".

Dans le fond, le discours si tranché des supporters à l’égard des joueurs traduit bien plus qu’un simple soupçon de fainéantise ou d’irrespect. Il est surtout le signe du désespoir très fort d’individus qui, tout en se considérant comme l’âme du club qu’ils supportent, se sentent dépossédés de toute influence sur son sort. Séparés des joueurs et des dirigeants par des grillages, des fosses et des molosses de 120 kilos, ils n’ont guère que des banderoles et des cris pour manifester leurs émotions. Ça et les fameux clashs popularisés par YouTube. Brandao (vidéo ci-dessous), Barthez, Traoré, Niang, Ribéry et Cissokho peuvent en témoigner. Les joueurs d’Arles-Avignon aussi. Alpagués par le groupe des Suportaïre Arlaten lors du match retour face à Lyon en L1 en mars dernier, ils avaient reçu une lettre des ultras quelques jours plus tard. Un communiqué de presse dans lequel les supporters acéistes regrettaient des "comportements non maîtrisés" et présentaient leurs "excuses", mais où ils affirmaient également leur "légitimité à s'exprimer librement et de manière responsable à propos de l'équipe qu'ils suivent et soutiennent, dans les bons comme dans les mauvais jours".

Une "légitimité", mais quelle légitimité? Les dirigeants de club, eux, ne veulent souvent pas en entendre parler. Interrogé sur le sujet par L’Equipe, le 9 juin dernier (en compagnie de Robin Leproux), le trio magique Seydoux-Aulas-Dassier l’avait fait clairement savoir. Tentative de question du journaliste: "- Les supporters considèrent qu’ils incarnent le club… Réponse de Seydoux: - Mais non, mais non, c'est vous (les médias) qui le considérez à leur place! Les patrons, c'est nous. Pas les supporters." Aulas, plus loin: "Les supporters prennent la place que les médias veulent bien leur donner."Et Dassier d’ajouter: "J’ai de bonnes relations avec 90% des supporters. Ils sont derrière le club, exigeants parfois, trop sans doute. La satisfaction est de les avoir dans les virages, pleins tout le temps. Un club sans supporters, ça s’appelle Monaco." En somme, s’ils pouvaient se contenter d’encourager et de chanter, ça arrangerait tout le monde…
Les joueurs, pour leur part, se complaisent bien souvent dans un rôle d’employé. Liés à un club par un contrat économique, ils essaient simplement d’accomplir la tâche qui lui est attribuée le mieux qu’ils peuvent. Ni plus, ni moins. Très loin en tout cas des conceptions idéalistes des supporters, qui rêvent les joueurs en représentants de leurs couleurs sur la pelouse. Dans une interview donnée récemment à un blog de sofoot.com, un représentant du MNK96, un club d’ultras du Stade Malherbe de Caen, expliquait ainsi avoir "invectivé les joueurs, par le passé, pour leur demander de se réveiller". Comprendre, à quelque chose près, de se "bouger le cul". La réponse de certains joueurs: "Que vous soyez là ou pas, on s’en fout." On ne peut faire plus clair.

Contestés, injuriés, parfois harcelés, les joueurs sont pour la plupart incapables de gérer ce type d’interactions. Il n’y a qu’à se rappeler la réaction d’Aly Cissokho, répondant "Et ta mère?" à un supporter lyonnais qui lui demandait s’il "avait le droit de remettre en cause (ses) performances" (vidéo ci-dessus). Ou celle de Mamadou Niang, sortant de sa Ferrari pour s’expliquer avec de jeunes Vosgiens qu’il accusait d’avoir mis un coup à son bolide. Dans ces conditions, comment trouver un modus vivendi permettant d’apaiser les relations entre joueurs et supporters? Pour changer les choses, encore faudrait-il que tout ce petit monde prenne conscience de la nature de l’autre et réponde mieux à ses attentes. A défaut, il y a fort à parier que l’histoire de cul finira en divorce.

Nicolas Beunaiche

07:34 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : football, supporters, ultras, joueurs, relations, clash, om, dodger's Partager cet article avec:

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Commentaires

le niveau des gogols en guise de supporter, effectivement je comprend qu'ils préfèrent s'en passer...

bon, ensuite, ils font quand même rentrer un peu de blé dans les caisses, et encore, une paille à coté des vrais sponsors et autres business... donc...

donc le supporter il supporte, ou bien il ferme sa gueule, et puis il paye son abonnement, ah ça oui

des gogols quoi

Écrit par : jean louis | 14/10/2011

Un sport a les supporters qu'il mérite.

Écrit par : Zorro | 14/10/2011

Bonjour,

Je ne regarde pas plus le foot depuis pas mal d'années et je ne le regrette pas car quand je vois les relations MINABLE entre les supportaires et les joueurs, cela me donne envie de gerber. De plus ces derniers n'ont aucun scrupules à étaler leurs signes de richesses devant des supportaires, souvent issus des citées difficiles à revenue faible. Excusez moi de l'expression, mais tout cela me dégoute...

Bien à vous.

Écrit par : Thierry | 14/10/2011

Contenu du budget miserable du psg,vous vous attendiez a quoi?On a beau dire ceci,cela mais avec tout les petro dollars que dispose le desormais le psg,on a prouvé qu'il était encore possible de faire un recrutement ridicule,parce que je préfère avoir bourillon,que Lugano dans ma defense.Au moins on aurais un titre.

Écrit par : idrpoker.com agen texas poker online indonesia terpercaya | 11/03/2014

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Écrit par : kata kata cinta dalam bahasa inggris | 26/04/2014

bon, ensuite, ils font quand même rentrer un peu de blé dans les caisses, et encore, une paille à coté des vrais sponsors et autres business... donc...

donc le supporter il supporte, ou bien il ferme sa gueule, et puis il paye son abonnement, ah ça oui ">

Écrit par : cara mudah hamil | 26/04/2014

Un sport a les supporters qu'il mérite.

Écrit par : belajar bahasa inggris dasar | 26/04/2014

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Écrit par : Cipto Junaedy | 14/06/2014

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Écrit par : bundapoker.com agen texas poker dan domino online indonesia terpercaya | 19/08/2014

Parmi les joueurs de football avec les fans doivent se soutenir mutuellement et de ne pas laisser tomber l'autre

Écrit par : lake toba tour | 14/03/2015

parfois nous ne pouvons pas blâmer directement les joueurs de football, ainsi que les fans auraient accès de colère et menyangkutpautkan aux joueurs de football qui font une mauvaise réputation sur les joueurs mortels ou nom du club

Écrit par : bukit lawang tour | 14/03/2015

les fans fanatiques qui, une fois idolâtré par les joueurs de football est parfois assez difficile de contrôler leur comportement, et encore moins qui commettent des crimes

Écrit par : medan tour | 14/03/2015

Les commentaires sont fermés.

 
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