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31/08/2011

EuroBasket: Les Bleus pour un dernier fiasco?

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 "Il y a une réalité qui veut que pour cette génération c'est maintenant ou jamais. En 2007,. on s'est tiré une balle dans le pied gauche et une autre dans le pied droit pour être sûr de ne pas y aller (aux JO-2008). On se demande encore comment on a pu rater ça."

(Jean-Pierre de Vincenzi, DTN)

Amateurs du basket français, sortez les mouchoirs et préparez le prozac. L'équipe la plus désespérante du sport collectif tricolore est de retour dans les bacs, prête à jouer son refrain préféré. Ca commence au choix par "on va voir ce qu'on va voir/cette année c'est la bonne/notre défense n'a pas d'équivalent en Europe/on aura une médaille" et ça finit en queue de poisson. Depuis dix ans, l’équipe de France de basket a su se tirer une balle dans le pied au meilleur moment avec une remarquable régularité. La médaille ou la qualification à portée, les Bleus ont (trop) souvent flanché, parfois très bêtement, et toujours de la même façon. Une telle constance dans la lose ne pouvait pas laisser ZM insensible. La rédac' s'est donc penchée sur les plus beaux ratés de la bande à Parker pour anticiper sur l'immense déception à venir.


Le lancer-franc, un cauchemar récurrent

Le lancer-franc, ou le geste basique du basketteur qui fait trembler d'effroi le supporter tricolore quand il voit l'un des siens s'approcher de la ligne de réparation dans les moments chauds. Il faut dire que le passé des Bleus n'est pas glorieux en la matière.

Belgrade, championnat d’Europe 2005. Passée par un tour préliminaire, la France s’est qualifiée pour l’EuroBasket sous la houlette de son Béarnais de coach, Claude Bergaud. Malgré le retour en sélection du "Roi" Antoine Rigaudeau, le début de la compétition est compliqué, avec un Parker en dedans, incapable de rentrer un tir. Boris Diaw -celui d'avant hein, les kilos en moins- en dépit d’une gabegie historique aux lancer-francs (5/22 sur le tournoi, 19,2%!!!), maintient le bateau bleu à flot. La France réussit l’exploit d’éliminer l’équipe hôte, la Serbie, au terme d’un match rentré dans les annales du basket français, grâce à un Parker retrouvé. La Lituanie passe à la moulinette dans la foulée. Le chemin vers la finale est tout tracé. Ce sont les Grecs et leur basket sans fioriture qui se profilent au tour suivant. Plus athlétique, la France tient son match et sa finale. A 35 secondes de la fin, Boris Diaw propulse les siens sept points devant. Un matelas assurant, sauf énormes bêtises, la victoire. Sauf qu'en matière d'énorme bêtise, cette équipe en connaît un rayon. Rigaudeau, "le meilleur d'entre nous" dirait-on en politique, l'homme qui a placé la France sur la carte du basket européen, son shooteur le plus fiable, manque deux lancers dans les 15 dernières secondes. Les Héllènes recollent et l’emportent, sur un panier primé de Diamantidis, à trois secondes de la fin de la partie. La médaille de bronze remportée facilement face aux Espagnols (+30 au final) ne console pas du gâchis.

Depuis ce coup de maìtre, la tremblotte aux lancers dans les matchs qui comptent est devenue une tradition attachante perpétuée par chacun de nos petits Bleus, TP en tête. Deux ans plus tard, en Espagne, le podium est jouable. Surtout, les Jeux de Pékin à venir en 2008 sont en ligne de mire. Pour faire simple, il faut, au pire, finir septième. Dans les cordes de cette équipe, croit-on. C'est encore mal la connaître. Qualifiée tant bien que mal pour les quarts grâce aux perfs surhumaines de TP, la France affronte la Russie. Restés au contact dans un match âpre comme seul le basket européen sait en produire, les Bleus lâchent finalement dans le money-time sur la ligne de réparation, signant un vilain 3/10 aux lancers-francs dans le dernier quart-temps. La dernière minute est un modèle du genre. Diaw -encore lui- envoie deux briques sur l'arceau, mais Pachoutine (ex-Asvel) donne une nouvelle chance aux Français, qui s'empressent de ne pas la saisir. TP est envoyé sur la ligne -"Bonne tactique Tony va mettre les deux et on ira en prolongations, ouf je respire"- souffle George Eddy... Avant de piquer la plus grosse colère de sa vie à l'antenne: Tony foire le deuxième, score final: 71-75. Adios la médaille et la qualif’ directe pour les JO.

 Le sabordage des matchs de classement, un savoir-faire unique

L'avantage des compétitions de basket, c'est que comme avec la pétanque, il existe un complémentaire pour que les mauvais tireurs aient une dernière chance de se rattraper. Après avoir soigneusement bazardé leur place en demies aux lancers, les Bleus se sont donc vus offrir de nombreuses opportunités de limiter la casse et d'assurer le minimum vital. Opportunités qu'il ont souvent laissées à d'autres, en vrais gentlemen.

Euro 2007 toujours. La France peut encore se qualifier pour le tournoi pré-olympique à condition de gagner un match de classement. D'abord contre la Croatie: une bouillie de basket et 13 points dans la musette. Démobilisée et apathique, la France confirme ses mauvaises disponibilités en sombrant lors du match, pourtant ô combien important, pour la… septième place, face à la Slovénie. Dans une salle madrilène archi-déserte, les Bleus, malgré un Parker omniprésent (31 points), sombrent dans l'anarchie la plus complète. Sept trois points réussis par le Slovène Slokar entre les 31e et 37e minutes pour passer de -3 (57-54) à +12 (63-75) dans une défense complètement perdue donnent des envies de meurtre au plus compréhensif des supporters français. Bye Bye Pékin.

Dans le panthéon des quart-temps à vomir de la génération Parker, ce France-Slovénie a été rejoint il y a peu dans les mémoires par l'inégalable France-Nouvelle-Zélande au Mondial 2010. Pour faire court, les Tricolores doivent perdre de moins de 12 points pour éviter la Turquie, injouable chez elle, en huitièmes. La suite se savoure. Tétanisés, Les Bleus naviguent à plus ou moins dix points de retard pendant toute la partie, sans parvenir à se rassurer. La peur au ventre dans le quatrième quart-temps, ils se mettent presque à l’abri, et ne comptent que sept longueurs de retard à 20 secondes du buzzer. Presque ouf. Mais non. Kirk Penney, le shooteur fou néo-zélandais, marque un panier primé… assorti d’une faute incompréhensible de la part de Nicolas Batum, et donc d’un lancer bonus, réussi. Repassés à –9 grâce deux lancers-francs de Bokolo, la France entière du basket espère fébrilement qu’avec le peu de temps restant à l’horloge, les Bleus vont avoir l’intelligence de faire faute pour éviter la banderille mortelle des Kiwis à 3 points. C'eût été faire injure à leur sens de la mise en scène. Vincent Collet n’a plus de temps mort pour faire passer la consigne et l’inadmissible se produit: Abercombie quitte la chemise et parvient à prendre un shoot à trois points au nez et à la barbe de joueurs français incapables de penser à faire faute. Chapeau bas messieurs... Les connaisseurs, eux, n'ont pas moufté. Ils esquissent même un petit sourire. Car ils n'ont pas oublié l'Euro 2003.

Cette année-là, en Suède, Tony Parker dirige, de son propre aveu récemment dans L'Equipe, "la meilleure équipe que la France n'ait jamais eue". On parle même de Dream Team française à l’époque. Alain Weisz a réussi à reunir ses NBAers, à commencer par TP donc, champion pour la première fois trois mois avant avec les Spurs, mais surtout Tariq Abdul-Wahad et l’ingérable Jérôme Moïso, sans oublier les rookies Boris Diaw et Mike Pietrus. La France vise clairement une médaille et surtout une place pour les JO d’Athènes –pour lesquels les trois premiers de l’Euro sont qualifiés. Après trois victoires très probantes en poule, le chemin semble tout tracé vers le podium, et on se prend même à rêver à plus avant la demi-finale contre la Lituanie. 70 à 65 à cinq minutes de la fin, on se dit que c'est réglé. Sauf que les hommes d’Alain Weisz encaissent un 7-0. 70-72 à 15 secondes de la fin, Parker perd la balle de l'égalisation. Jusque-là, rien de scandaleux. Ca vient. La France affronte les grognards italiens, fessés en poule (+33), pour voir les JO. Jamais dans le rythme, les Bleus abandonnent le match et les Jeux sans combattre (71-69), à la limite de la faute professionnelle. "Je ne peux pas tout faire tout seul", peste Parker dans la foulée. En cause, l’attitude de certains "cadres", démissionnaires en fin de tournoi. On ne reverra plus jamais Moïso et Abdul-Wahad en bleu. Sans conteste le plus beau fiasco de la bande à TP....

La poisse, un concept made in France

Si jamais les scénarios évoqués plus haut ne se reproduisent pas, il existe toujours la possiblité du suicide volontaire, très prisée depuis un certain France-Grèce lors de l'Euro polonais 2009. Invaincus en cinq matchs, les Bleus, comme leurs adversaires du jour, doivent perdre pour éviter de prendre en pleine poire en quarts l'autobus espagnol lancé à fond les ballons. Dans un match de dupes, sans aucun rythme ni intensité, les Grecs ne feront pas croire à grand-monde qu’ils jouent. Scène cocasse: à une minute de la fin, le meneur Vassilis Spanoulis se fait même pourrir par son coach pour avoir réussi à rentrer un énorme shoot à trois points en fin de possession. Les deux équipes à égalité sur la dernière possession, Nando de Colo réussit le seul buzzer beater de sa carrìère sous le maillot bleu. Bien vu Nando. Morts de rire, les Grecs se retiennent de lever les bras pour célébrer le tir de l'ancien Choletais. La suite, inévitable, on la connaît: une branlée face à l'Espagne (86-66) et un retour à la maison.

Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenus...

Raphaël Lepelletier et Julien Laloye

01:54 Publié dans basket ricain et autre | Lien permanent | Commentaires (20) Partager cet article avec:

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Commentaires

Merci pour l'historique, cet article est très drôle. Le probleme c'est que tout ce que vous dite est vrai !

Écrit par : Xavier | 31/08/2011

La plus desesperante? L'article a ete écrit avant le mondial. de foot ? Parce que la bande a ribery m'a fait plus pitié que celle de tp

Écrit par : cozaq | 31/08/2011

Je voulais moi aussi vous remercier pour cet excellent article, très bien écrit et tellement drôle !

Écrit par : Vlday | 04/09/2011

Rien que les 5 premières lignes sont à pleurer de désespoir. Et pas à cause de l'équipe de France, non non. Juste à cause de la connerie journalistique encore parfaitement illustrée ici. L'équipe de France de basket équipe tricolore la plus désespérante du sport collectif ? On doit pas avoir la même notion du désespoir et du sport collectif. Les chiffres parlent je suis d'accord mais c'est facile de passer derrière et de se moquer. Il y a eu de gros ratés mais bon, depuis l'Euro 2000, l'équipe de France de foot a joué une finale de mondial et...c'est tout. Et encore, merci Zidane sans qui on serait rentrés la queue entre les jambes. Ne parlez pas trop vite, au moins pas avant de voir les premiers matchs de l'euro. Ah non c'est vrai ça c'est pas possible.

Écrit par : Clément | 05/09/2011

Pour le moment, malgré la claque contre l'Espagne je pense que la performance sera belle, battre la Lituanie chez elle... c'est quand même la grande classe.

Écrit par : Clubs de Fitness Marseille | 11/09/2011

Ca sent la rigueur journalistique...
Vous etes sur la bonne voie pour passer de DNA à l'équipe...
J'imagine que vous n'avez même pas SPort+ pour mater le match ce soir :-)

Écrit par : georges eddymitchell | 18/09/2011

Alors les mauvaises langues ?
Beau parcours jusqu'en finale ... Comme quoi il est facile de juger, mais il vaut mieux attendre au moins le 1er match avant de faire une critique de la sorte sur une équipe.

certes l'article est bien rédigé et est même drôle, mais vous avez descendu cette équipe un peu bas, et à tort ...

Écrit par : Clem | 19/09/2011

Merci pour nous taper sur les doigts aussi forts :) plus sérieusement, nous sommes les premiers contents de voir que nous nous sommes trompés. Cela valait donc le coup de vivre autant de déceptions avec cette équipe pour assister à cet euro !

Merci de votre lecture,

Zone mixte

Écrit par : Zonemixte | 21/09/2011

Zone mixte très bon discours journalistique après les avoir bien flingués sur ton article maintenant tu te dis enchanté de leurs performances.

Tu ne serais pas une girouette ?

Écrit par : Da Costa | 22/09/2011

en meme temps les bleus n'ont plus le même standing depuis quelques temps...

Écrit par : demenagement pas cher | 23/07/2012

Ils ne peuvent pas toujours être au top, bravo à eux, merci!!

Écrit par : Pneu hiver | 08/10/2012

Merci pour l'écriture. J'ai été la recherche de ces informations pendant une longue période, et maintenant je l'ai trouvé!

Écrit par : cigspro | 21/12/2012

Contenu du budget miserable du psg,vous vous attendiez a quoi?On a beau dire ceci,cela mais avec tout les petro dollars que dispose le desormais le psg,on a prouvé qu'il était encore possible de faire un recrutement ridicule,parce que je préfère avoir bourillon,que Lugano dans ma defense.Au moins on aurais un titre.

Écrit par : idrpoker.com agen texas poker online indonesia terpercaya | 11/03/2014

Les bleus peuvent remonter la pente rapidement.

Écrit par : Salon de jardin | 28/03/2014

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Écrit par : belajar bahasa inggris dasar | 26/04/2014

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Écrit par : cara mudah hamil | 26/04/2014

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Écrit par : Cipto Junaedy | 14/06/2014

Un article bien écrit et plein d'humour. Dans un an ce joueur risque de se retrouver bien dépourvu !

Écrit par : setmotor | 20/09/2014

J'ai recherché cette information pendant une longue période, et maintenant je l'ai trouvé!. Merci pour l'écriture

Écrit par : setiani | 20/09/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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