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03/12/2010

France-Serbie: Pour que la Coupe soit pleine...

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"Une finale de Coupe Davis, c'est autre chose qu'un match sur le circuit [...] Et c'est ce qui fait la magie de cette compétition."

(Guy Forget, capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis)

C'est à la fois tout le malheur et le charme du tennis français. Infoutu de produire un vainqueur de Grand Chelem potentiel, il reporte chaque année tous ses espoirs sur la campagne de Coupe Davis de ses mousquetaires du moment. Depuis vingt ans, pourtant, le supporter franchouillard semble y trouver son compte, lui qui attend les week-ends de Coupe Davis aussi fébrilement qu’un Crunch du Tournoi des VI Nations ou une phase finale de Coupe du monde. A la rédac' de Zone mixte, on n'a pas résisté à une petite séquence souvenirs... avec l'espoir de retrouver à Belgrade quelques-uns des ingrédients qui ont fait du Saladier d'argent un délicieux lot de consolation.


L'ambiance électrique (Asunción 85)
Des semaines qu’on nous rebat les oreilles avec l’ambiance de la Belgrade Arena et ses hordes de petits Milosevic prêts à manger tout cru les Français. Jean Gachassin, jamais en retard pour un brin de surenchère démago, a dit craindre des cris de singe à l'encontre de Gaël Monfils. La belle affaire pour Guy Forget, qui a connu le déplacement de l’équipe de France au Paraguay en 1985 (défaite 3-2). Alors petit jeunot de la bande, le capitaine des Bleus avait assisté, bien à l’abri sur le banc tricolore, au plus beau coupe-gorge de l’histoire du tennis français. Des arbitres locaux pas trop regardants sur la longueur de balle des Paraguayens, des spectateurs au visage aussi avenant que Machete venus dans l’enceinte avec des battes de base-ball sur les genoux… Les anecdotes contées par Jean-Paul Loth et Henri Leconte sont à lire ici. Ca c’est un traquenard qui avait de la gueule.
A Belgrade, on ne demande pas mieux que de vivre l'enfer. A charge aux Monfils, Simon, Llodra et Clément de jouer les Cerbère. Et puis, il ne faudrait pas oublier que sur ses quatre dernières finales, la France a remporté les deux qu’elle a disputées à l’extérieur (Suède 1996 et Australie 2001) et laissé échapper les deux qu’elle a jouées à domicile (Australie 1999 et Russie 2002). Pas de raisons de paniquer donc: la France aurait sûrement perdu sur terre battue si elle avait eu la déveine de recevoir Novak Djokovic et ses copains…


Les fulgurances (Leconte 91, le Scud’ 2001)
Tout le monde a fait ses comptes d’apothicaire. Djokovic va gagner ses deux simples comme à la parade, la France va arracher le double, donc tout se jouera lors du 5ème match, avec Simon pour porter le coup de grâce. Sauf que c’est oublier trop vite la fameuse magie de la Coupe Davis. Celle qui rend un joueur a priori en dedans intouchable pendant trois jours, mieux connue sous le nom de "jurisprudence Riton". Le dos en vrac, tout au fond du puits du classement ATP, en 1991, Henri Leconte n’arrive même pas à marcher sans douleur six mois avant le miracle de Gerland face à la dream team américaine. Toujours aussi bravache, Riton vient consoler Guy Forget, battu par André Agassi en ouverture, et lui lance serein: "T’inquiète, je vais lui mettre une branlée à l’autre". L’autre en question, un Pete Sampras en pleine ascension, s’en souvient encore. Sur un nuage, Riton bâtit son après-carrière sur trois sets de génie. La télé-réalité ne serait pas la même aujourd’hui sans cette finale. Autre homme providentiel des matchs à enjeu, Nicolas Escudé (13 victoires pour 3 défaites avec les Bleus), impérial sur le gazon de Melbourne face au numéro un mondial de l’époque, Leyton Hewitt. Les Bleus prennent leur revanche sur leurs bourreaux de Nice en 1999, quand Philippoussis avait écœuré Grosjean et Pioline.
Bref, nul n’est à l’abri de jouer le meilleur tennis de sa vie ce week-end, même pas Gilles Simon. A Zone mixte, on aimerait bien miser sur Llodra, mais on se méfie terriblement du sosie serbe d’Arnaud Clément, Janko Tipsarevic.


Quand la défaite est plus belle que la victoire... (Paul-Henri Mathieu 2002)
Parce que la Coupe Davis n’a pas son pareil pour révéler les caractères, on n’oubliera jamais Paulo, dont la carrière s’est brisée nette en 2002 face à Youzhny. On rappelle brièvement les circonstances du drame. Lancé comme un obus à Bercy après ses succès à Lyon et à Moscou, Mathieu mène 6-3/6-2 lors du match décisif avant la déconfiture que l’on connaît (défaite 6-4 au 5ème set). Guy Forget le racontait cette semaine dans L’Equipe: "On a beau tout préparer, tout prévoir… En 2002, Youzhny ne savait pas qu’il allait jouer à cinq minutes du match. Le type s’était à peine entraîné de la semaine et n’avait même pas ses raquettes sur lui. D’ailleurs, il ne met pas une balle dans le court pendant une heure. Ce dénouement était imprévisible." Il est vrai que le bordel ambiant russe orchestré par Tarpishev a souvent eu raison de la méticulosité de la préparation bleue (4 défaites de rang), preuve une nouvelle fois que la Coupe Davis est une compétition pleine de surprises. Poissard jusqu’au bout, Paulo signera pourtant de superbes productions sur terre battue par la suite (victoire contre Moya à Alicante en 2005, défaite contre Nadal malgré un niveau de jeu incroyable un an plus tard à Roland), qui n’effaceront jamais le souvenir de 2002. Et si c'était mieux comme ça?

Ce week-end, Richard Gasquet, le plus digne successeur de Paul-Henri, n'aura pas la chance de
pratiquer un tennis de rêve pendant deux sets avant de s’écrouler lors du dernier set dimanche soir... Mais on peut compter sur lui pour transmettre son mojo à Gaël Monfils et Gilles Simon.


Le suspense sans fin (Malmö 96)
Peut-être, sans chauvinisme aucun, le plus beau troisième jour de l’histoire de l’épreuve, ce qui n’était pas gagné étant donné le rapport de force initial (largement en faveur des Suédois, emmenés par leur duo Edberg-Envquist) et la froidure du hangar de Malmö choisi pour accueillir la finale. Pourtant, les deux équipes vont offrir un dimanche de rêve. 9 heures 13 de jeu étalées sur deux rencontres, au cours d’un après-midi qui prend toute sa dimension au moment où Pioline gâche un avantage de deux manches et un break dans le cinquième set (5-2). C’est finalement Boetsch qui apportera le point décisif au cinquième set du cinquième match, 9-7 après avoir sauvé trois balles de match…
Les Bleus de 2010, qui ont gagné toutes leurs confrontations précédentes dès le double, n’ont pas encore réussi à procurer les mêmes frissons. Il n’est pas trop tard pour bien faire.

Julien Laloye

03:01 Publié dans revers long de ligne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tennis, france, serbie, coupe davis, forget, monfils, llodra, simon, clément Partager cet article avec:

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Commentaires

insurpotables les suporters Serbe.. bravo Arnaud !!

Écrit par : guilbert | 04/12/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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