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22/09/2010

Il faut sauver l'entraîneur Claude Puel

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"Il est remplaçable comme tous les entraîneurs d'un grand club mal classé."

(Jean-Michel Aulas, président de l'OL, à propos de Claude Puel)

Sa réaction était bigrement attendue. Au moins autant que l'intervention télévisée de Sarkozy après l'affaire Bettencourt. Après la pire prestation de Lyon réalisée à Bordeaux (0-2) depuis que l'OL est au sommet du foot français, la tournée médiatique de Jean-Michel Aulas s'annonçait savoureuse. Le despote rhodanien allait-il faire comme Nicolas, et répéter son soutien indéfectible à Claude Puel, l'Eric Woerth olympien ? Ou au contraire annoncer un remaniement imminent pour se débarrasser d'un (premier) ministre en grande difficulté, désavoué par l'opinion et hué par son propre camp chaque samedi à Gerland ?


Jean-Michel a d'abord fait dans le soft, en rappelant justement que "Tous les changements d'entraîneurs observés dans les grandes équipes européennes en début de saison aboutissent à des catastrophes." Avant de se lâcher au micro de RMC, emporté par l'ambiance café du commerce  de la station : "Claude Puel est-il en sursis ? Dans un grand club mal classé, tout entraîneur est menaçable même s'il n'est pas menacé. Mais si la situation ne s'est pas redressée au bout de dix matches, il faudra bien faire quelque chose."

Pour la première fois, Aulas émet l'idée d'un licenciement, lui qui n'a viré qu'un seul entraîneur en cours de saison en plus de vingt ans de présidence. Et encore, il avait fallu que Guy Stéphan en prenne sept chez les Guy roux Boys' pour sauter en 97. Plus récemment, même un Paul le Guen au fond du trou un soir de défaite honteuse en Coupe de France contre Libourne en janvier 2003 (32e de finale, 1-0) n'avait pas senti le vent du boulet d'aussi près.

Dans ce contexte, défendre la thèse du maintien de Puel s'annonce aussi risqué que de prendre le partie de la résistance en juin 40. Pourtant, Zone mixte, qui aime bien le bougre et qui avait déjà fait de lui l'homme de la situation pour éliminer le Real l'an dernier se mouille : ce serait une erreur gravissime de le mettre dehors. On s'explique : l'OL, certes mal classé en L1, est encore loin d'avoir hypothéqué ses chances en championnat, vu le début de saison médiocre de son seul vrai rival sur la durée, Marseille. En Ligue des champions, l'équipe a profité d'un match contre plus malade qu'elle  pour assurer le quotidien. Bref, aucune urgence mathématique ne vient au secours des nombreux détracteurs du bonhomme pour justifier un départ immédiat.


Reste le problème majeur du projet de jeu de Claude Puel, médiocre ou inexistant, c'est selon, et qui justifierait à lui seul la pendaison de l'intéressé place Bellecour. Rejoindre ce courant de pensée majoritaire serait faire preuve d'une certaine lâcheté intellectuelle, ce qui n'est pas le genre de la maison, plus fainéante que lâche en l'occurrence. Si les résultats ont été plutôt médiocres, le projet de jeu de Puel An I et II était d'une clarté limpide: occupation rationnelle des espaces avec un bloc équipe ramassé sur 30 mètres, débauche physique considérable dans le pressing et projection vers l'avant très rapide dès la récupération du ballon afin de frapper rapidement au but. Une tactique bien huilée qui a permis le plus gros exploit européen de l'histoire du club et qui a contribué à la deuxième partie de saison exceptionnelle en L1 l'an passé (une seule défaite sur la phase retour). Une stratégie admirée par maître Mourinho lui-même, pas le premier tocard venu en matière de mise en place tactique.

La notion de "beau jeu", si elle est plus subjective, n’est pas non plus totalement absente des préceptes puéliens. Cette équipe a pris part à des matchs spectaculaires ces deux dernières années, en L1 (le 5-5 contre l’OM, le 3-4 contre Lille), comme en Ligue des champions (2-1 à Florence, 5-3 à Bucarest, 2-1 à Liverpool).

Le système de jeu existe donc bel et bien à l'OL depuis deux ans, et s'il a ses défauts, Puel n'a fait que l'adapter au déclin progressif de l'effectif lyonnais post-Juhinho. En clair, et ça vaut notamment pour ceux qui en veulent à l'ancien Lillois d'avoir "perdu" le titre de champion de France, Puel a été choisi par Aulas pour mener la transition entre le grand OL des années 2000 et celui à venir. Nul doute que la moitié des entraîneurs de L1  auraient ramené le trophée à Gerland avec le trio Diarra-Essien (Tiago)-Juninho au milieu de terrain : Claude Puel, lui, a pris les rênes d'une équipe en fin de cycle, et à ce titre, il a parfaitement réalisé la première partie de son objectif en maintenant le standing de l'institution.


Le deuxième chantier vient à peine de commencer : refaire de l'OL la référence tricolore en matière de résultats grâce à un jeu léché et dominateur. Cohérent dans ses intentions de faire progresser le club, Claude Puel, avait promis à l'intersaison que l'OL chercherait à "améliorer sa maîtrise technique" pour passer un cap dans la gestion des matches. Le recrutement, effectué en conséquence, lui offre aujourd'hui l'équipe rêvée pour envoyer du jeu : un milieu à deux créateurs, Pjanic et Gourcuff, protégé par Toulalan, et un trident offensif aux possibilités multiples.

D'accord, pour l'instant, ça ne fonctionne pas, mais c'est compréhensible : Cris blessé, Toulalan atteint psychologiquement, Gourcuff à peine arrivé, Lisandro en méforme persistante, seul Lloris est à son niveau. La comparaison vaut ce qu'elle vaut, mais un Barça sans Puyol, Busquets, Xavi ni Messi, ce n'est plus vraiment le Barça...Quand tout ce petit monde retrouvera un niveau décent, l'OL ira mettre quelques dérouillées à droite et à gauche. Ce serait quand même dommage que Puel ne soit pas là pour en profiter...

La seule chose qui pourrait l'en empêcher, ce serait d'avoir déjà perdu son vestiaire. Au vu de l'absence de réaction des troupes lyonnaises dimanche à Chaban, la question mérite d'être posée. Même si ce n'est pas Saint-Etienne, tout leader qu'il soit, qui va permettre de se faire une idée du malaise. Le complexe presque maladif des Verts vis-à-vis du voisin rhodanien devrait suffire pour qu'au moment opportun, un défenseur stéphanois oublie Gomis derrière son dos ou pousse lui-même la balle au fond de ses filets. La manière ne serait pas folichonne, mais ça laisserait un peu de temps à Puel pour se refaire la cerise, en attendant de régaler la chique.

Julien Laloye

 

00:31 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : claude puel, ol, ligue des champions Partager cet article avec:

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