Avertir le modérateur

« La formation française, un modèle en crise ? | Page d'accueil | Il faut sauver l'entraîneur Claude Puel »

08/09/2010

Montpellier, un appétit sans fin?

"Je pense que Chambéry peut vraiment rivaliser cette année."

(Stéphane Imbratta, coach de Tremblay-en-France)

Le championnat de handball redémarre mercredi et c’est le même casse-tête pour tous les observateurs : comment au potron-minet de chaque reprise vendre un peu de suspense à ce qui n’en a plus depuis longtemps ? Depuis 1998, Montpellier est passé en boîte auto. A toute vitesse, le MAHB enquille les trophées hexagonaux : trois, rien que pour l’année dernière. Son palmarès s’étend en largeur sur une feuille A3. Recto verso. Onze titres de champion de France sur les treize dernières éditions. Pour terminer deux fois deuxième… 10 coupes de France et six titres en coupe de la Ligue (on passe les finales perdues). Une compétition, rappelons-le, créée en 2002. Faites le calcul… Bref, un ogre qui passe ses saisons à bouffer du métal doré, à s’enivrer de champagne. Le palais des Sports René Bougnol est  devenu un banquet, un buffet à volonté où le pique-assiette est obèse.


Les adversaires eux sont au régime sec et ne bectent que des miettes. Triste réalité alimentaire. Montpellier, sans rival ? "Oui, enfin non, peut-être que...". A Zone mixte, on persévère à dire que Chambéry peut rééditer le coup de 2001, dix ans après. Un sentiment à contre-courant de la doxa handballistique. "En France, le handball est un sport qui se joue à sept contre sept, et à la fin c’est Montpellier qui gagne", peut-on lire sous la plume des suiveurs ici et . Pas faux, mais, si l’on pinaille animé d'un pragmatisme qui frôle la névrose, ce n'est pas tout a fait exact non plus.

Certes, la saison dernière Montpellier a survolé à plus de 10.000 pieds de hauteur le championnat : 26 matchs, 25 victoires, 1 seule défaite (+258). Propre et net. Seule bavure : Chambéry en mai dernier (31-24) dans la lumière du Phare. Assez pour que l’on s’engouffre dans la brèche de cette mission impossible ? C'est que le club savoyard est le seul aujourd’hui à notre connaissance à pouvoir jouer des coudes avec les Karabatic, Kavticnik et autres Guigou. "Malheureusement on aura encore un championnat à deux vitesses", prophétise sur Sports.fr Stéphane Imbratta, coach de Tremblay-en-France (3ème l’an passé à 10 points de Chambéry), dernier entraineur à avoir cloué, avec Ivry, le bec à l’ogre. C’était en 2007, une éternité. Donc, Montpellier et Chambéry devant, les autres derrière. Et Imbratta une carrière de Madame Irma devant lui ?

L'Europe à tout prix

L’appétit, paraît-il, vient en mangeant. Un aphorisme plus vrai encore pour les gloutons. Du côté de Bougnol, chacun répète à l’envi que cette année le MAHB doit encore se gaver. "Nous visons l'ambitieux challenge de gagner les quatre titres nationaux en jeu". Patrice Canayer, le coach montpelliérain, peut se lécher les babines. Sur le Rocher monégasque, le 5 septembre dernier, Montpellier a arraché des mains de Chambéry le Trophée des Champions (30-32). Dans les prolongations. Un exemple de plus - s’il en fallait encore un -  pour rappeler aux Savoyards qu’ils devront s’accrocher jusqu’au bout s’ils veulent faire un casse sur le championnat cette année. Mais un exemple aussi qu’en ce début de saison, Chambéry est dans le vrai. "Etre le plus régulier possible, pour que cela se joue sur un duel direct", espère Philippe Gardent. Rappelons que le technicien chambérien a toujours affectionné le combat au corps à corps.

Pour Montpellier, la clé de la vitrine à breloques a donc déjà tourné. Quatre trophées moins un. Mais auquel il faut ajouter la plus grosse part du gâteau : l’Europe. La Ligue des Champions fuit le club héraultais depuis 2003. Alors, le club du président Robert Molines a mis le paquet. Plus gros budget de l’histoire du handball français (6,1 millions d’euros – 6ème au niveau européen), Montpellier pourra aussi compter sur une nouvelle salle surchauffée de près de 10.000 places, l’Arena. Une antre prévue pour accueillir les matchs de gala et continental. Pour l'amortir, les dirigeants héraultais comptent coûte que coûte sur un parcours européen à la hauteur de leurs ambitions. Bref, un nouvel échec aux portes du Final Four, comme l'an passé, alors que le club poursuit son développement, serait mal vu. Plus peut-être qu'une seconde place en championnat...

Une indigestion héraultaise ?

A force de vouloir bouffer à tous les râteliers, les Montpelliérains pourraient bien être victimes d’une indigestion nationale. Pour éviter un problème de surpoids, Montpellier s’est renouvelé plus que renforcé. Entre les poteaux, finie la paire Karaboué-Stojinovic, bienvenu au tandem Stochl-Robin. Robin, gardien de 25 ans et espoir du handball, arrive en provenance de… Chambéry. Autre recrue, le Bosnien Bradislav Obradovic, arrière droit gaucher venu d'Antequera en Espagne, qui a signé dans l'Hérault malgré l’insistance du FC Barcelone. Un homme... de coup de main : "Pas le joueur idéal mais qui peut rendre service", répond  laconique Canayer à son propos. Sous-entendu : bof. Et si l’on ajoute l’indisponibilité de six mois de Florent Joli (ligaments croisés), la forme vacillante du Tunisien, Wissem Hmam, et le retour de plus en plus flou de son compatriote et gaucher Aymen Hammed (opéré de l'épaule), l'effectif montpelliérain a des raisons de laisser l'observateur sceptique quant à son appétit gargantuesque. A vouloir tout gagner, les champions de France en titre pourraient s’y perdent.

Chambéry, qui ne se berce pas d’illusions dans cette LDC (avec entre autres dans sa poule Kiel (ALL), Celje (SLO), FC Barcelone (ESP) !!) pourrait à long terme profiter d'un éventuel relâchement montpelliérain pour quitter son costume de «Poulidor du handball français». Ca fait beaucoup de conditionnels mais avec l'arrivée de Guillaume Saurina, le meilleur buteur de D1 la saison passée (178 buts), «Chambé» a des arguments à faire valoir. Ca commence par un succès à Nîmes, samedi, où il avait buté l'an passé en ne ramenant que le point du match nul. Avant de finir la deuxième partie de saison sur 13 succès consécutifs. « Les mauvais souvenirs ne vont plus compter, peut-être aussi parce que nous avons, paradoxalement, compris que cette année nous aurions notre mot à dire », souligne Gardent. Dans cette chasse à l’ogre, nous nous n’en voyons que deux : « A table ».

Arnaud B.

11:11 Publié dans balonmano | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : montpellier, handball, chambery Partager cet article avec:

Partager cet article sur Facebook  Ajouter dans Technorati  Ajouter dans Delicious  Partagez sur MySpace  Voter pour cet article dans Wikio  Partager sur StumbleUpon  Partager avec Digg  Partager sur Fuzz   partager sur Diigo    Partager via Tiny URL

A la une:

 //Pourquoi on préférait Trezeguet   //L'année 2014 de la lose en sept défaites magnifiques   //Quiz vidéo: Connaissez-vous votre Ronaldinho sur le bout des doigts?   //Quiz: Ibrahimovic, Eto'o ou un dictateur?   //Lettres de supporters de L1 à Carlos Slim   //Lucas, Pauleta, Ronaldinho... Elisez le plus beau presque-but du foot français   //Ballon d’Or 2013: Le jour où le ciel tomba sur Franck Ribéry   //L'année de la lose en sept défaites   //Aidons Jean-Michel Aulas à faire craquer Bafé Gomis   //Petit manuel de #reconversionvraie à l'intention de David Beckham 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu