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27/06/2010

Raymond Domenech, l’éternel Espoir

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"Il a toujours été pareil. Je trouve qu'en équipe de France A, il est pareil que celui que j'ai connu avec les Espoirs."

(Jérémy Toulalan, le 9 juin, à propos du sélectionneur de l’équipe de France)

La France du football attendait ça depuis deux ans. Mardi, la tête de Raymond Domenech est enfin tombée. Mieux vaut tard que jamais, comme dirait Mme Michu. En six ans de règne, il faut dire que le successeur de Jacques Santini à la tête de l’équipe de France n’a pas souvent impressionné par sa maîtrise des événements. Et s’il fallait faire ici le bilan exhaustif du mandat du 14e sélectionneur de l’histoire des Bleus, Raymond prendrait cher, très cher. Seulement, à Zone Mixte, on n’est pas franchement fans du goudron et des plumes. D’autant que dans le dossier Domenech, l’accusé bénéficie à notre sens d’une circonstance atténuante non négligeable : il n’a jamais cherché à nous tromper sur la "marchandise". Sélectionneur des Espoirs il était, sélectionneur des Espoirs il est resté.


Le 9 juin dernier, Jérémy Toulalan le disait lui-même : entre les moins de 21 ans et l’équipe de France A, Raymond Domenech n’a pas changé d’un iota sa façon de faire. Dans ces conditions, difficile aujourd’hui de se dire étonné de son bilan très mitigé à la tête des Bleus. Après tout, pourquoi le sélectionneur des Bleuets, dont le palmarès était resté vierge entre 1993 et 2004 (une seule finale de championnat d’Europe à son actif, en 2002), aurait-il fait mieux dans la cour des grands ? Six ans après son entrée en fonction, la question reste sans réponse.

Le moins que l’on puisse dire pourtant, c’est que Domenech était loin de leur être inconnu. En le portant à la tête du navire, Claude Simonet, Jean-Pierre Escalettes, Noël Le Graët et les autres savaient évidemment très bien à qui ils avaient à faire : un observateur averti du football, à défaut d’être un grand meneur d’hommes. En juillet 2004, lors de la conférence de presse annonçant l’identité de l’heureux élu, le président de la Fédération de l’époque ne disait d’ailleurs pas autre chose de lui. Si le choix du conseil fédéral s’était porté sur Raymond Domenech, expliquait-il alors, c’était en raison de sa "connaissance du milieu intéressante".

A cette époque, le sélectionneur des Espoirs jouissait en effet d’une aura certaine en matière de détection des jeunes joueurs, et des entraîneurs de clubs pros n’hésitaient pas à le consulter. Récemment, l’actuel coach du Stade Rennais, Frédéric Antonetti, racontait ainsi que dans les années 90, il lui arrivait de lui demander "des tuyaux pour des joueurs" et que Domenech, grâce à "une vraie connaissance du football" (décidément, l’expression lui colle à la peau), lui "donnait de bons renseignements". Un véritable dénicheur de talents, ce Raymond.

 

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De ce point de vue, il faudrait être de mauvaise foi pour dire que le sélectionneur de l’équipe de France a déçu. A vrai dire, c’est même probablement de ce côté-là qu’il faut chercher ce qui est l’une de ses seules réussites : être parvenu, grâce à cette fameuse "connaissance du football", à lancer en équipe A de jeunes joueurs que son œil expert avait été l’un des premiers à repérer.

En cette période propice au lynchage, on oublie ainsi que Domenech déclara sa flamme à André-Pierre Gignac dès septembre 2006, après six petites journées de championnat seulement… soit deux ans et demi avant que Gignac soit sacré meilleur buteur de Ligue 1. On oublie aussi qu’en mars 2008, le sélectionneur des Bleus n’hésita pas à appeler en équipe de France un jeune défenseur central n’ayant dans les jambes que dix-sept matchs de Ligue 1 : Adil Rami. Ce même Rami que l’OM tentait, à l’été 2009, d’arracher au Losc.

Mieux encore, l’épisode Higuain. Si l’actuel meilleur buteur de la Coupe du monde, avec l’Argentine, a un temps envisagé de porter le maillot français, c’est là aussi en raison de la vista de Raymond Domenech. Car il faut l’avouer : hormis nos amis de Lucarne Opposée, en 2006, peu de gens connaissaient le jeune avant-centre de River Plate. Parmi les observateurs du championnat argentin, qui aurait de toute façon juré que le "Brestois" deviendrait quelques années plus tard le buteur attitré du Real Madrid ? Domenech, lui, a immédiatement décelé en Higuain un talent de valeur internationale, allant jusqu’à lui envoyer une convocation dès novembre 2006. Convocation refusée, comme chacun sait. A l’époque, le joueur espérait porter le maillot albiceleste. Il allait devoir attendre… trois ans. Le temps qu’Alfio Basile passe la main et que Diego Maradona, nommé en octobre 2008, prenne conscience des qualités du Madrilène et lui offre sa première sélection (en octobre 2009), avant d’en faire un titulaire en vue de la Coupe du monde.

Au crédit du désormais ex-sélectionneur des Bleus, ajoutons enfin l’idée du repositionnement de Jérémy Toulalan en défense centrale. Le Lyonnais le racontait récemment au JDD : "le premier à avoir senti [qu’il avait] le profil" d’un défenseur n’était pas son entraîneur, Claude Puel, mais Raymond Domenech. Lorsqu’on se rappelle le concert de louanges qui avait accompagné les prestations du joueur au côté de Cris en Ligue des champions, l’aveu a de quoi faire sourire… et réhabiliter (un peu) le paria aux yeux des amateurs de foot.

Trop souvent ces derniers jours, on aura en effet entendu parler de Raymond Domenech comme un incapable. Le raccourci est facile. Ce qui ressort de tous les exemples cités plus haut, c’est davantage l’impression que l’ancien Bleuet, en postulant, puis en accédant à la fonction suprême, a peut-être surestimé sa capacité à diriger un groupe composé de stars. Dans les faits, Domenech n’aura toujours été qu’un sélectionneur, au sens premier du mot, un dénicheur de talents, quand la France aurait eu besoin d’un entraîneur-manager.

A l’école, le jeune Raymond aurait été classé dans les "erreurs d’orientation". Un cas épineux, mais surtout pas une cause perdue. A Zone Mixte, on fait même le pari que l’éternel Espoir du football français peut rebondir très vite. Et si personne ne veut lui accorder sa confiance, qu’il vienne nous voir. Recruteur au PSG, entraîneur des jeunes de l’Olympique Lyonnais, voire sélectionneur des Espoirs (Domenech, le retour)… Nous, on regorge d’idées pour exploiter ses talents.

Nicola Basilboli

11:28 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (0) Partager cet article avec:

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