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17/06/2010

1998-2010 : les Bleus tous ego ?

Franck Ribéry en Napoléon dans Bild

Franck Ribéry en Napoléon dans Bild | Parlonsfoot.com

"Une Coupe du monde, c'est très court. Certains ne la joueront peut-être jamais plus. Il faut donc mettre son ego de côté et travailler pour le collectif. Ce n'est pas ce qu'on a vu lors du dernier match."

(Zinedine Zidane, la science infuse)

Ce soir contre le Mexique, il paraît que Gourcuff ne jouera pas. Pas parce qu'il est plus mauvais que les autres, mais parce qu'il passerait mal aux yeux du groupe. Trop distant, pas assez impliqué, pas la carrure...hop dehors. Malouda, lui, devrait revenir à gauche après avoir été écarté pour avoir dit au sélectionneur qu'il refusait, en des termes plus crus, d'être le deuxième milieu défensif du 4-3-3 tricolore. Du coup Ribéry, qui avait mis Henry sur le banc en exigeant de jouer à gauche, devrait se retrouver dans l'axe, où il n'aura plus guère d'excuses pour ne pas lâcher son ballon. Enfin Govou, qui ne réclame rien, devrait en faire les frais et aller voir le banc de plus près au profit d'Anelka. Surtout si Henry, dont le retour est ‘réclamé' par les ‘cadres', revient dans le onze type.


Abracadabra, voilà comment la composition de l'équipe de France n'obéira à ce soir à aucune logique tactique, si ce n'est celle des têtes grosses comme des melons des joueurs cadres des Bleus. Zinedine Zidane, alias Dieu le père, n'a pas tort quand il pointe du doigt la lutte d'influence des egos qui minent le collectif tricolore. L'ironie de cette déclaration n'échappera pas au lecteur, Zidane étant lui-même l'instigateur de cette mise en avant des intérêts personnels au détriment du collectif qui pourrit de l'intérieur l'équipe de France depuis 1998. Explication : Raymond Domenech, le premier sélectionneur à l'ego aussi surdimensionné que celui de ses joueurs, est perçu comme l'unique responsable de l'ambiance délétère dans la vie des Bleus. En oubliant un peu vite que la victoire de 98, suivie de celle de l'Euro 2000, a  accouché de joueurs intouchables, qui ont progressivement perverti le groupe au nom de leurs succès passés.

Bien sûr, il serait illusoire de penser que les luttes d'egos et de clans n'existent qu'avec la défaite : elles sont simplement masquées, provisoirement, par les trophées. Entre 98 et 2000, l'équipe de France était cornaquée par le duo Laurent Blanc-Didier Deschamps, plus soucieux de la réussite du groupe que de leur statut respectif. Leur départ à la retraite a coïncidé avec le début de la fin.

En 2002, le fiasco n'est encore que sportif, mais 2004, censé marquer l'aboutissement d'une génération qui a tout gagné en bleu, débouche sur une succession de nuisances individuelles qui ruine toute chance de bien faire à l'Euro portugais. La situation nébuleuse de Marcel Desailly, capitaine déclinant, mais incontournable ‘sur le papier', n'a pas aidé à clarifier la vie du groupe, semble dire a posteriori Jacques Santini, sélectionneur de l'époque: ‘'Je n'ai jamais dit que Marcel allait être remplaçant. Pour la Grèce, j'ai attendu d'être certain que la blessure de William Gallas ne serait pas grave pour lui communiquer mon choix. Il y a eu deux ou trois pics de relations avec certains pour leur annoncer qu'ils n'allaient pas jouer.'' Dans les faits, c'est un foutoir sans nom. Au milieu, Zidane en a marre de jouer dans un rôle de milieu offensif gauche qui l'empêche de rayonner sur toute la largeur, pendant que Pires estime qu'il doit être son égal dans l'animation du jeu. Résultat, Le grand gourou tricolore, positionné à gauche puis à droite dans un milieu en losange, ne joue ni à gauche à droite mais bien où il veut, pendant que Pires fait de même de son côté, sabordant la mise en place tactique voulue par Santini. Devant, Henry poursuit son travail de sape pour remplacer Trezeguet et s'obstine à squatter l'axe plutôt que de dézoner sur la gauche comme il lui est demandé, éteignant du même coup l'impact du buteur de la Juve dans le schéma tricolore .

L'après 2004 aurait dû permettre de mettre fin à ces luttes intestines et repartir de zéro. C'est d'ailleurs ce que fait Domenech en multipliant les nouveaux visages afin de retrouver un peu de fraîcheur dans le groupe. Pires et Giuly sont sacrifiés, mais  les mauvais résultats et la pression de la fédération l'obligent à revoir ses plans. Avec le retour de Zidane, Thuram et Makelele, les mauvaises habitudes reviennent au pas de charge. Raymond ne gère plus rien du tout et surtout pas la garde rapprochée de ZZ, qui comprend Fabien Barthez, Lilian Thuram, Claude Makelele, Patrick Vieira et, le défenseur Willy Sagnol. Tous ont leur place de titulaire assurée en équipe de France -il n'y que Coupet pour penser qu'il avait la moindre chance de doubler Barthez- et Domenech n'obtient que de maigres concessions en échange. Une en particulier qui aura une incidence directe sur le bon parcours des Bleus en Allemagne : l'adoption du 4-2-3-1, alors que Zidane veut évoluer avec deux attaquants de pointe, dont Trezeguet, ce dont ne veut pas entendre parler Henry. CQFD. Une finale plus tard, Domenech, qui a gagné la bataille de la légitimité auprès de l'opinion publique, a perdu celle de l'autorité.

L'Euro 2008 n'est que la simple conséquence du Mondial 2006. La vieille garde préfère mourir plutôt que de se rendre tandis que les petites ‘racailles de banlieue' intègrent le groupe, un cocktail explosif qui ne prend pas . "L'arrogance et l'irrespect" de Karim Benzema et Samir Nasri ne passent pas auprès des anciens : Thuram ne se gêne pas pour appeler à plusieurs reprises Benzema "Ben Arfa", l'ennemi numéro 1 de l'attaquant lyonnais...ambiance. Ces mêmes anciens qui traversent la compétition comme une ombre et plombent l'équipe derrière. Un vrai panier de crabes, on vous dit.

Finalement, Domenech, qui avait promis de chasser les égos à coups de fusil avant l'Afrique du Sud, ne fait rien d'autre que nager à vue. Il ne pouvait quand même pas virer tout le monde, alors il a sacrifié les derniers arrivés au profit de la génération intermédiaire, incarnée par Ribéry, passé en quatre ans du statut de petit nouveau à celui de caïd des Bleus. Sans que les résultats ne le justifient. Autant dire que Laurent Blanc va avoir du boulot pour ‘purifier' le fonctionnement interne des Bleus et se débarrasser des branches les plus pourries, s'il y arrive. Une élimination précoce en Afrique du Sud, -si si, Zone Mixte roule avec le Mexique ce soir- qui entérinerait la perte de standing international des Bleus, l'aiderait infiniment dans sa tâche. Sinon ce sera reparti pour dix ans...

Julien Laloye

11:43 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (0) Partager cet article avec:

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