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13/06/2010

Corée du Nord: marque ou crève

"Atteindre les huitièmes de finale est un objectif réaliste pour la Corée du Nord."

(Kim Jong Hun, sélectionneur nord-coréen en sursis)

La terre entière, du Brésil au Portugal, en passant par la Côte d'Ivoire, peut trembler. La Corée du Nord s'apprête en effet à dévoiler son arsenal offensif lors d'une grande opération baptisée "A la conquête du monde". Premières victimes ciblées : les Brésiliens, ce mardi. Tin tin tin tin, tin tin tin tin...


Non, Barack, non, Sarko, non, Lula, ne vous alarmez pas. La seule attaque programmée par les 23 ambassadeurs Nord-Coréens se limite – à notre connaissance, tout du moins - aux pelouses du Mondial sud-africain. Ouf ! Le Raymond Domenech local, Kim Jong Hun, a en effet promis l'enfer aux adversaires de la Chollima au sein du groupe G : amateurs Sud-Américains, pieds carrés Portugais et frêles Ivoiriens. "Nos adversaires sont difficiles, évidemment. Mais je pense qu’atteindre au moins les huitièmes de finale est un objectif réaliste (…) Nous avons nos arguments."

Si les ambassadeurs du "Pays de la terreur grandissante" entendent accéder aux huitièmes, ils devront toutefois ne pas répéter les erreurs de leurs confrères haïtiens, irakiens, zaïrois... Pouvoir dictatorial et principes du football n'ont pas toujours concordé, loin de là. Zone Mixte a donc fouillé dans ses archives pour livrer son petit guide du Mondial "Spécial Nord-Corée".

1 – Un esprit sain dans un corps sain : ne pas confondre entraînement et internement

On ne peut gagner une Coupe du monde lors de la préparation... mais on peut déjà la perdre. Alors, désolé de vous contredire Rama Yade, mais finalement mieux vaut une sélection trop chouchoutée avec cinq étoiles, petit déj et massages inclus. A l'opposé de nos Bleus, les Nord-Coréens se retrouvent, eux, embarqués dans le tournage de "Prison Break in South Africa", après un very bad trip chez le voisin zimbabwéen, patrie du sympathique et épris de démocratie Robert Mugabe. Home freake home : bienvenue, l'hôtel vous propose ses barbelés made in Guantanamo et ses bodyguards version "I will always love close you". OK, on exagère peut-être un chouia. Mais pourquoi tant de haine envers de simples sportifs ? “Il serait aussi facile pour un joueur de l’équipe nationale de tenter de s’échapper du centre d’entraînement et de demander l’asile en Afrique du Sud qu’au Zimbabwe”, a affirmé, comme de bien entendu, un dignitaire nord-coréen du ministère de l’Education, du Sport, de l’Art et de la Culture. Nostalgie, quand tu nous tiens : on se croirait transporté au Mondial 1986. A l'époque, Saddam Hussein entend profiter de ses mondialistes pour briller sur la scène internationale. Ou tout du moins pour ridiculiser les Iraniens, expulsés manu militari dès le premier tour de l'édition 1978. Alors, pas de blague ! Les Irakiens se retrouvent confinés au Mexique dans un camp inaccessible à la presse. Pour un résultat final sans équivoque : 0-1 contre le Mexique, 0-1  contre le Paraguay, 1-2 contre la Belgique. Saddam, Kim : même procédés, mêmes effets ? On peut le craindre pour nos amis Nord-Coréens...

2 - Le recours à la sorcellerie et à la triche, fausse-bonne solution

Devant la difficulté d'une mission (presque) impossible, les nations inexpérimentées ont parfois sélectionné des éléments inattendus et, au final, à l'efficacité douteuse. En 1974, le Zaïre débarque au Mondial allemand avec un effectif au complet, un staff à l'accent européen et... une dizaine de féticheurs. Au terme d'un sévère casting, le Ministère des sports avait en fait retenu ces adeptes de la sorcellerie spécialité ballon rond, désignés sous la mystérieuse appellation "Citronniers et préparateurs psychologiques." Mais inexplicablement, les visions du sélectionneur Blagoje Vidinic et des cuistos-kinés-ensorceleurs ont divergé. Résultat de la cohabitation : zéro point, quatorze buts encaissés, zéro inscrit, douze poules allemandes égorgées, quinze totems brûlés... Chers Nord-Coréens, vous pouvez donc rapatrier vos statuettes de Kim Jong-il. Et s'il vous vient l'envie de déroger à l'éthique, rappelez-vous la campagne haïtienne de 1974, année exotique décidément. Au-delà de leurs piètres résultats, les Haïtiens étaient tristement entrés dans l'histoire. Le défenseur Ernst Jean-Joseph restera ainsi comme le premier cas de dopage recensé dans une compétition mondiale de football - pour usage d'Efedrine, un stimulant. Ernst Jean-Joseph forever : on a connu plus glorifiant comme honneur.


3 – Les menaces, sources de motivation contestable

Pression maximale = efficacité minimale. En voyant des ambassadeurs s'en aller défendre leurs couleurs, les Duvalier, Mobutu et autres Hussein ne pouvaient se contenter d'une simple participation. Que des foutaises, monsieur le Baron de Coubertin ! Le soutien de façade des dictateurs était donc mêlé de bonnes salves de menaces. Haïtiens, Zaïrois, Irakiens et Coréens du Nord ont tous subi des attaques en règle de la part des hautes instances de l'Etat. La légion d'honneur, connaissent pas. Au contraire de la légion d'horreurs. Révoqués par leur fédération, les Haïtiens ont dû attendre trente-trois ans avant de toucher leurs primes. Moins chanceux, leurs homologues irakiens, soumis à la torture après chaque défaite, autrement dit, après chaque coup de sifflet final. Même les héros Nord-Coréens de 1966, tombés avec les armes en quart, n'avaient pu échapper au goulag. A l'exception notable de Pak Doo-ik, surnommé « Highlander » depuis.
Difficile donc, au coeur d'une atmosphère aussi délétère, de gambader et de jouer l'esprit libre. Le défenseur zaïrois Ilunga Mwepu, star éternelle du « Foot en folie » (voir vidéo), ne pourra nous démentir. Quelques années plus tard, il expliquera son comportement par une irrépressible frousse des représailles: "Après la Yougoslavie, il (Mobutu) nous a envoyé sa garde présidentielle pour nous menacer. Ils nous ont enfermés à l'hôtel et nous ont dit que si nous perdions par plus de trois buts contre le Brésil, aucun de nous ne pourrait revenir à la maison."


Alors, Messieurs les Nord-Coréens, vous voilà désormais en mesure d'atteindre votre objectif. Et en cas d'échec, voici notre ultime conseil...

Vincent Bissonnet

NB : avant leur semi-exploit face au Brésil mardi (1-2), quatre joueurs nord-coréens, absents de la feuille de match, avaient semble-t-il disparu : l'attaquant Chol Hyok An, le gardien Myong Won Kin et les milieux Kyong Il Kim et Sung Hyok Pak. Les quatre fuyards auraient-ils déserté leur sélection avec l'intention de demander l'asile politique en Afrique du Sud, comme le craignaient les sbires de Kim Jong-Il ? Une erreur technique expliquerait en fait leur absence, d'après un communiqué de la FIFA, publié ce vendredi 18 juin : "Nous n'avons aucune information concernant une éventuelle disparition de joueurs, notre officier de liaison auprès de la Corée du Nord ne nous a rien signalé." Tout viendrait d'un simple oubli, la délégation nord-coréenne ayant inscrit dix-neuf joueurs au lieu de vingt-trois sur les documents officiels. Mouais... A la rédac, nous restons sceptiques devant une coïncidence aussi troublante. Nous avons donc contacté notre agent dormant à Pyongyang pour connaître les tenants et aboutissants de l'affaire. A suivre...

18:26 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : coree du nord, coupe du monde, afrique du sud Partager cet article avec:

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Écrit par : pret immobilier | 11/02/2014

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