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23/04/2010

La NBA, royaume du trash

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"Garnett est une actrice, et Paul (Pierce) aussi […] A chaque fois, c’est le même cinéma."

(Quentin Richardson, l’ailier du Miami Heat, victime d’un coup de coude et de quelques mots doux de la part de Kevin Garnett, le joueur des Boston Celtics)

Samedi dernier, pour l’entrée en lice des Celtics en play-offs, Kevin Garnett a encore frappé. En assénant un coup de coude au visage de Quentin Richardson et en provoquant une échauffourée, "The Big Ticket" a une nouvelle fois démontré qu’il était bien le roi de la provoc'. Le spécialiste parmi les spécialistes – ses coéquipiers Paul Pierce et Rasheed Wallace ne sont pas mal non plus du harcèlement et du trash-talking ("parler ordurier", en français) made in NBA. On aime, ou on n’aime pas. On ne refera pas ici le sempiternel débat entre pro- et anti-Garnett.
Dans la rédac’ de Zone mixte, pour ne rien vous cacher, le geste de KG a surtout provoqué une vague inattendue de nostalgie. Une envie irrésistible de replonger dans l’ambiance des parquets des années 80 et 90, et de redécouvrir les bons mots de Larry Bird et Scottie Pippen ou les bravades de Michael Jordan et Reggie Miller. Le produit des longues heures de fouilles quasi-archéologiques menées par ses documentalistes est ici. Voici donc, en cinq vignettes, une petite histoire subjective du "trash-talking" dans la Ligue.


Larry Bird et Xavier McDaniel (1988)
Bienvenue au KeyArena de Seattle. Ce soir-là, les Sonics accueillent les Boston Celtics, qu’ils dominent d’un point à treize secondes de la fin de la rencontre. Temps mort demandé par les visiteurs. Sur le banc des champions 1986,
Larry Bird, en bon clutch player, indique à son coach qu’il veut le ballon. K.C. Jones commence par lui répondre "Larry, tu joues. Moi je coache." Mais il finit par céder. Bird s’éloigne alors de quelques mètres et va retrouver son chaperon du soir, le Sonic Xavier McDaniel, pour l’avertir : "Xavier, je vais prendre la balle à cet endroit. Je vais faire deux dribbles et ensuite, je vais tirer de là." Pas intimidé pour un sou, The X-Man ne se démonte pas. "Je t’attends", lui répond-il. Au coup de sifflet de l’arbitre, Dennis Johnson temporise un instant, puis donne le ballon au grand blond. Plus que trois secondes à jouer. Comme annoncé, Bird commence à dribbler, se retourne et tente un tir en extension. Le fade-away jump shoot parfait. Swish ! Il reste deux secondes à jouer, mais les Sonics n’en font rien, et les Celtics l’emportent d’un point. Les bras levés au ciel, Bird porte l’estocade à McDaniel : "Et merde ! Moi qui voulais tirer pile sur le buzzer…"


Larry Bird et Chuck Person (?)
Larry Legend, acte II. Cette fois, la scène a lieu le jour de Noël, à l’occasion d’un match à Boston entre les Celtics et les Indiana Pacers. Quelque temps avant la rencontre, c’est Person – grande gueule notoire – qui a ouvert les hostilités. « The Rifleman [surnom de Person] is coming, and he’s going Bird hunting”, a-t-il osé. En d’autres termes : "Le
Tireur arrive, et il s’apprête à chasser du Bird [jeu de mots avec le nom de la star des Celtics, qui signifie oiseau en anglais]." Quelques minutes avant le début du match, le joueur de Boston glisse à son présomptueux adversaire qu’il a un cadeau pour lui… Au cours de la rencontre, alors que Person se trouve sur le banc, Bird reçoit le ballon et prend sa chance à trois points. Le tir n’est pas rentré que le Celtic se tourne vers son invité et lui lance : "Merry fucking Christmas !" Le Pacer est KO. La vengeance est un plat de Noël qui se mange froid, et Person vient de jouer le rôle du dindon de la farce.

Michael Jordan et Dikembe Mutombo (1991, 1997)
Jordan-Mutombo, c’est une longue histoire d’amitié-rivalité commencée en 1991, durant la première année en NBA du géant congolais. Lors d’un match opposant les Bulls aux Nuggets, Mutombo le rookie lance un défi à MJ la star : rentrer un lancer franc les yeux fermés. "This one is for you", répond His Airness, qui s’exécute. Avec succès, cela va sans dire. En regagnant son camp, Jordan défie Mutombo du regard et lui lance une réplique devenue culte : "Welcome to the NBA." En 1997, les deux joueurs se retrouvent en play-offs, au stade des demi-finales de conférence. Cette fois, DM 55 porte le maillot des Atlanta Hawks. L’impétueux débutant est devenu l’un des tout meilleurs défenseurs de la Ligue. Mais une chose n’a pas changé : son goût du trash-talking. A l’occasion de l’une de leurs confrontations, Mutombo fait remarquer à Jordan qu’il est l’un des seuls sur qui Sa Majesté n’a jamais dunké. Erreur fatale. Lors du Game 5, Jordan se retrouve à un moment du match sur la gauche du panier, le long de la ligne de touche. Il passe à Luc Longley, qui lui remet dans la course, presque à l’aveugle. MJ est à trois mètres du panier, où Mutombo l’attend. Air Jordan n’a plus qu’à décoller… 3, 2, 1… Badaboum ! Jordan vient de claquer un énorme dunk sur l’insolent provocateur. Ne lui reste plus qu’à signer son œuvre. Comme un ultime pied de nez au Congolais, MJ choisit alors de reprendre à son compte la propre création de Mutombo. A peine redescendu sur terre, il se retourne vers le Hawk et agite son index. Ce même doigt que Mutombo a l’habitude de balancer de droite à gauche lorsqu’il vient de contrer un adversaire, l’air de dire "Not in my house". Cette fois, Jordan vient de réaliser le cambriolage parfait. A un détail près, toutefois : pour ce pur moment de poésie de playground, Mike est sanctionné d’une faute technique. Doesn't matter.



Reggie Miller et Spike Lee (1994)
Reggie Miller vs Spike Lee. Oui, oui, le cinéaste. Le duel est improbable, même lorsque l’on sait que Lee est un grand fan des New York Knicks. Et pourtant… Durant le Game 5 de la finale de conférence opposa
nt les Indiana Pacers aux Knicks, dans l’enceinte du Madison Square Garden, ces deux-là font le show. Sur son siège, tout au bord du terrain, le réalisateur de Malcolm X passe son temps à invectiver la star des Pacers. Et pour cause : sur le parquet, Miller est en feu. Et il ne se prive pas de répondre aux attaques du VIP, qui enrage. A plusieurs reprises, Killer Miller s’adresse à Lee en mimant un étranglement. Celui des Knicks, bien entendu. Au lieu de déconcentrer le joueur, le New-Yorkais semble provoquer l’effet inverse. Dans le seul 4e quart-temps, l’arrière-shooteur inscrit l’incroyable total de 25 points, dont 8 dans les neuf dernières secondes du match (39 sur l’ensemble de la rencontre). Pour une victoire finale 93 à 86 d’Indiana, qui prend l’avantage dans la série. Le lendemain, la presse new-yorkaise ironise sur le rôle de Spike Lee dans la tragédie qui s’est jouée la veille. "Thanks A Lot, Spike", titre ainsi le Daily News. En une soirée, le cinéaste a réussi l’exploit de se mettre The Big Apple à dos. Trash-talking, quand tu nous tiens…


Scottie Pippen et Karl Malone (1997)
Dimanche 1er juin 1997. Game 1 des NBA Finals entre le Jazz et les Bulls. 82-82 au tableau d’affichage, neuf secondes à jouer. Malone obtient une faute et s’apprête à catapulter le premier de ses deux lancers-francs dans le panier. Avec 75 % de réussite dans l’exercice au cours de la saison régulière, l’ailier n’a a priori pas grand-chose à craindre. A moins que… Alors que Malone se prépare sur la ligne de lancer, Scottie Pippen se faufile derrière le Jazz, et lui souffle à l’oreille : "Just remember, The Mailman [surnom donné à Karl Malone] doesn’t deliver on Sundays, Karl." Autrement dit : "Souviens-toi, le Facteur ne livre pas le courrier le dimanche, Karl." La réplique fait mouche. Peut-être décontenancé – à moins que le joueur ait tout simplement craqué sous le poids de la responsabilité
, Malone manque ses deux lancers. La chance est passée pour Utah. Sur la dernière offensive du match, Michael Jordan marque et donne la victoire à Chicago. Quelques jours plus tard, les joueurs de Salt Lake City ont retenu la leçon. Derrière Malone, c’est Jeff Hornacek qui s’occupe de monter la garde. Mais il est trop tard.

Nicola Basilboli

16:25 Publié dans basket ricain et autre | Lien permanent | Commentaires (0) Partager cet article avec:

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