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13/04/2010

Quevilly: la recette des petits pour éliminer le PSG

"C'est le match piège par excellence."

(Antoine Kombouaré à propos de la demi-finale de Coupe de France, Quevilly-PSG)

Messieurs, les nostalgiques, souvenez-vous... L'an 2000, quel grand millésime : le triomphe de la meilleure équipe française de tous les temps au terme d'un haletant et dantesque Euro ; la huitième coupe aux oreilles décollées pour l'éternel Real, avec en têtes d'affiche, le chef d'orchestre Raul et le magnifique Fernando Redondo ; et comment oublier - attention à l'atterrissage, nous quittons les étoiles pour le plancher des vaches - les parcours de nos Petits Poucets, le finaliste de la Coupe de France, Calais, et le vainqueur de la Coupe de la Ligue, Gueugnon ?


Pour fêter cet anniversaire pas comme les autres, la rédaction aurait pu s'envoler direction le Ch'Nord pour des retrouvailles avec Julien le mécanicien ou Bob le bricoleur, dix ans après, la larme à l'oeil, le vague à l'âme. On aurait aussi pu revisiter le répertoire de Pierre Bachelet et improviser un hymne hommage : "Le Nord, c'était les corons, et la Bourgogne, les forgerons...." Mais à la rédac, tout en regardant vers le passé, on n'oublie pas de garder un oeil sur le futur. Et dix ans après les exploits des Calaisiens et Gueugnonnais, la Coupe de France s'est encore trouvée un Cendrillon : Quevilly (CFA). A quelques heures de leur demi-finale face au PSG, voici donc un petit manuel de l'exploit, à l'attention des Normands.

1 - Soulever l'enthousiasme de toute une région

Toute une région derrière leurs champions : pour sa demi-finale face à Bordeaux, Calais avait évolué devant plus de 38.000 personnes à Bollaert ; Gueugnon avait, lui, attiré près de 15.000 supporters au Stade de France - pas mal, pour une commune de 9.000 âmes. La question du stade s'est d'ailleurs retrouvée au coeur de la polémique de la demi-finale entre Quevilly et le PSG. Tous les intéressés avaient en effet émis le souhait de recevoir au stade Robert-Diochon de Rouen, où 10.000 spectateurs s'étaient amassés pour suivre leurs exploits jusque-là. Mais PSG et sécurité obligent, la rencontre se déroulera finalement à Caen, à D'Ornano. L'avantage d'évoluer "à la maison " pourrait bien se retourner contre les Normands : "Jouer à Diochon ou à D'Ornano, cela ne signifie pas la même chose, explique Régis Brouard. Le grand public ne le perçoit peut-être pas mais les différences sont nombreuses. J'ai un peu l'impression que l'on nous glisse un obstacle supplémentaire (...) Vous vous rendez compte, mes joueurs ne pourront s'entraîner qu'une fois sur la pelouse, le mardi la veille du match". Seuls points positifs et pas des moindres, tout de même : la capacité du stade - 21000 - et la non-présence des supporters parisiens, considérés comme indésirables. Forza Normandie !

2 - La motivation au diapason

Lors du printemps des peuples amateurs en 2000, le futur ex-imaginaire sélectionneur de l'équipe de France, Emmanuel Petit, avait analysé, avec son regard d'expert, les performances de Calais et Gueugnon. Sociologue à se heures perdues, il en avait tiré une conclusion majeure : "Calais, j'avais l'impression de voir jouer des pros. C'est hallucinant. Moi, je ne vois qu'une raison : c'est un problème de motivation. Si tu ne l'as qu'à 50 %, tu passes à la trappe. Avec Gueugnon, je n'ai pas eu l'impression de voir une D2. Elle jouait vraiment très bien." Dans la bouche des Normands de Quevilly, on retrouve aujourd'hui la même hargne, la même détermination que dans les propos de leurs glorieux aïeux : "L'exploit est à notre portée", "c'est l'occasion de notre vie", "ce type de match change de notre vie de labeur".... Côté parisien en revanche, on perçoit simplement la Coupe comme une belle consolante. Stéphane Sessegnon : "Nous traversons une saison difficile et nous avons l'opportunité de la sauver." Pour résumer, émulation positive d'un côté, obligation négative de l'autre. Eric Boniface, sacré avec Gueugnon en 2000 , avait d'ailleurs pointé cette différence capitale d'état d'esprit entre la France d'en haut et d'en bas : "J'ai retrouvé ici ce que j'avais perdu à Sochaux : une famille, expliquait l'alter ego de Sylvain Distin en défense centrale. On est en famille, on a envie d'être ensemble. Il n'existe pas la pression des grands clubs. Ce n'est pas forcément parce qu'il n'y a pas d'argent. Le club a décidé depuis très longtemps que les choses se passeraient ainsi. Cette sagesse permet de se surpasser."

3 - Point trop de complexe, point trop de prétention

Le Petit Poucet doit aborder sa montagne avec un savant mélange de lucidité et d'ambition. Avant leur demi-finale de Coupe de France, les Calaisiens avaient ainsi tissé des lauriers à leurs futurs adversaires bordelais . "Quand vous avez regardé la seconde période du match de l'équipe de France en Ecosse, il y a deux semaines, vous ne pouvez qu'être impressionné, avait reconnu à l'époque Deswarte, le libero. Ramé dans les buts, Micoud au milieu, Dugarry et Wiltord devant, c'est tout de même très costaud". La pression sur les épaules du favori, le petit se présente avec tout à gagner, rien à perdre. Mais aussi avec quelques atouts... Régis Brouard avait ainsi décrit ses troupes au moment de défier Boulogne : "Sachez que 80 à 85 % des joueurs de mon effectif s'entraînent tous les jours (...) On se comporte comme une vraie structure pro. Pour certains, ils ne sont pas passés loin d'une carrière professionnelle." Florian Coquio, un des buteurs de la formation, avaient notamment évolué... à Boulogne-sur-Mer. D'un point de vue purement footballistique, la différence avec une Ligue 1 ne semble pas insurmontable, à coeurs vaillants. Surtout sur 90 petites minutes. "Je ne veux pas être méchant mais on avait l'impression que Quevilly jouait en L1 et Boulogne en CFA" avait cruellement résumé le milieu Fabrice Buchon, après la qualification en demi-finale. La deuxième clé de cette réussite ? Une philosophie de jeu ambitieuse, malgré de petits moyens : "J'ai toujours eu de l'admiration pour le jeu de passes de Barcelone", "nous jouons à 90 % au sol" révèle Régis "Pep" Brouard. Côté parisien, on a donc tiré la sonnette d'alarme. Antoine Kombouaré : "On fait figure de favoris mais ils vont jouer crânement leur chance. Quevilly a fait ses preuves en éliminant Rennes, puis Boulogne-sur-Mer. Un tirage favorable ? Demandez à Rennes, à Frédéric Antonetti, à Boulogne-sur-Mer et Laurent Guyot ce qu'ils en pensent. Ils vont vous répondre..."

Bon alors, petits Normands, désormais plus d'excuses. Avec toutes ces astuces, la Coupe de France vous tend les bras.


Vincent Bissonnet

16:38 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : psg, quevilly, coupe de france, petit poucet Partager cet article avec:

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