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07/04/2010

Younes El Aynaoui prend sa retraite et le tennis marocain avec

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"On a envie de voir des Marocains figurer dans le tableau final des Grands Chelems. On a tracé le chemin, on leur a montré qu'il est possible d'y arriver. C'est déjà une bonne chose. Personnellement, j'espère voir des joueurs marocains au très haut niveau."

(Younes El Aynaoui, meilleur joueur marocain de la dernière décennie et jeune retraité)

"Yes on le tient le sujet de la semaine" ! Le cri de joie est unanime dans la rédac' de Zone mixte lundi midi. Une heure qu'on repassait fébrilement l'actualité en espérant dégoter une idée d'article qui sorte un peu de l'ordinaire, quand la lumière est apparue. Alors qu'on se penchait sur l'actu tennis et devisait sur les chances de Gasquet d'enfin battre la terreur belge Olivier Rochus au tournoi de Casablanca, l'info est tombée comme un couperet : "Younes El Aynaoui, 38 ans, a déclaré forfait pour le tournoi de Casablanca (5-11 avril), au cours duquel il devait effectuer ses adieux officiels. Le Marocain, 726e mondial, avait reçu une invitation pour disputer cette épreuve, qu'il avait remportée en 2002."


L'étincelle : flashback de 7 ans en arrière, Open d'Australie 2003, quart de finale. Younes El Aynaoui, déjà 31 ans, affronte Andy Roddick, la vingtaine arrogante et un service au moins aussi puissant que son aîné, pour l'un des plus poignants cinquièmes sets de la dernière décennie. 2 h 30 de lutte acharnée, une balle de match pour le marocain à 5-4, et puis une autre pour l'Américain, la bonne...à 20-19. Fin du flashback.


C'en est donc défintivement fini de la carrière du meilleur tennisman arabe de l'histoire du tennis mondial, vainqueur de cinq tournois ATP, deux fois quart de finaliste en Grand Chelem et 14e mondial en 2003. Après vérification dans les archives nébuleuses de Zone mixte, Younes aura donc joué son son dernier match - une défaite anonyme face au belge Steve Darcis-  au Khalifa Tennis Complex de Doha en début d'année, auquel il avait pu participer grâce à une wild-card décernée par le directeur du tournoi qatari, un certain Karim Alami.

Deuxième étincelle. Karim Alami, c'est bien l'ancien joueur de tennis non ? Lui aussi marocain, ancien champion du monde junior en double (1991) et 25e mondial en mars 2000. Un palmarès pas moche du tout, même si on l'avait oublié. S'il a fait un peu de tout depuis sa retraite, notamment commentateur pour la chaîne Al Jazeera, Karim a trouvé la planque en or et en pétrodollars au service de la DTN du Qatar. Il gère pépère un tournoi à 1 million de dollars qui draine les meilleurs joueurs du monde chaque année, là même où il s'était révélé en 1994 lorsque, sorti de nulle part, il avait battu Pete Sampras, alors numéro un mondial incontesté de la planète tennis.

Evidemment, tout ce remue-ménage de souvenirs poussiéreux ramène à la surface,le troisième larron, Hicham Arazi, un des plus soyeux tripoteurs de balle de la fin des nineties. On plante le décor : revers à une main inoubliable, sens inné de l'amorti, coup droit aussi lifté qu'un espagnol bodybuildé à qui on aurait mis de la terre battue dans son biberon, bandana old-fashioned et couette ridicule dans les cheveux. Les puristes se souviendront ce ce quart de finale Porte d'Auteuil contre Cédric Pioline en 1998, extrêmement disputé mais finalement perdu par le Marocain, 22e mondial en novembre 2001.


Cette plongée dans le passé rafraîchissante amène toutefois son lot de questions :qu'est devenu le tennis de haut nveau marocain, qui comptait trois joueurs dans le Top 30 mondial il y a peine dix ans, une génération dorée à laquelle il a juste manqué une aventure réussie en Coupe Davis pour marquer durablement l'histoire de son pays ?

Aujourd'hui, les meilleurs marocains se nomment El Amrani, Chaki, Ziadi et Fattar, d'illustres inconnus. Le champion national 2010, Rabie Chaki, n'apparaît même pas dans le tableau final du Tournoi Hassan-II, tandis que ceux qui représentent le Maroc ont fait (très) pâle figure au premier tour, hormis El Amrani. L'explication rationnelle, devant ce constat d'échec, serait de pointer le manque d'infrastructures pour pratiquer le tennis de haut niveau au pays de Mohammed VI. Or, c'est tout le contraire, l'avènement de la génération El Aynaoui a permis au Maroc de tisser un circuit très compétitif. En plus d'un tournoi national désormais bien installé dans le calendrier du printemps, qui célèbre cette année sa 26e édition avec le suisse Wawrinka comme tête de série n.1, la fédération a mis à disposition des joueurs nationaux pas moins de onze tournois : sept Futures et quatre Challengers. Des épreuves qui, si elles étaient bien négociées, pourraient permettre aux dits joueurs de glaner des points ATP et d'intégrer facilement le cercle des 150 premiers joueurs mondiaux. Soit une porte d'entrée non négligeable vers le grand ciruit. Pourtant, les résultats tardent à venir.

El Aynaoui, interrogé sur le sujet par le journal le matin le 15 janvier dernier, donnait son sentiment : "Je crois qu'il n'y a pas véritablement de règle... C'est vrai qu'on s'étonnait un peu de voir trois bons joueurs au Maroc. Je crois qu'il y avait une base, que représentent des tournois nationaux. Aujourd'hui, le Maroc a des tournois ATP, des Challenger, des Futures, je me demande si ce n'est pas trop élevé. Je crois qu'il ne faut pas oublier la racine, l'ambiance dans les clubs, l'organisation de tournois nationaux du championnat du Maroc, c'est à partir de là qu'un joueur sort du lot. Il ne faut pas brûler les étapes, il ne faut pas que les jeunes s'expatrient. Il faut leur permettre d'évoluer ici au Maroc comme je l'ai fait avec Karim Alami. Il faut déjà savoir gagner sur ses propres terres et ensuite aller se mesurer aux étrangers. Je pense que c'est ce qui manque. Il faut réussir à retrouver le niveau qui était le nôtre en 2e série, 3e série même au niveau des mal classés. Une fois qu'on aurait tout gagné au Maroc, il faut aller se mesurer aux étrangers". Et suivre ainsi la voie tracée par leurs glorieux aînés.

Julien Laloye

16:39 Publié dans revers long de ligne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tennis, maroc, el aynaoui Partager cet article avec:

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Commentaires

merci pour ce post!

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Écrit par : mutuelle | 29/03/2013

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Écrit par : kata ibu | 24/04/2014

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Écrit par : ingin hamil | 24/04/2014

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Écrit par : belajar grammar bahasa inggris | 24/04/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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