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18/03/2010
Paris-Nice: le twitt-journal de Zone mixte (2/2)

Suite et fin.
Jeudi 11 mars
Le grand jour. Enfin. L’arrivée de cette quatrième étape est jugée au sommet de Croix-Neuve, à Mende. De l’avis de tous les observateurs, c’est probablement là que va se jouer le Paris-Nice 2010. Cette fois, c’est l’Américain Craig Lewis qui assure le point météo : "Our racing conditions, temps between -5 and a balmy 0, with snow. How many other sports would have continued?" Une hôtesse de l’air n’aurait pas fait mieux… Côté course, comme on pouvait s’y attendre, Alberto Contador fait le show et l’emporte. Sur Twitter, le nouveau maillot jaune réagit dans un style très… contadorien : "Hoy ha sido un gran dia,estoy contento,he podido responder a la confianza de todo mi equipo con la victoria.Gracias a todos.Very good job!!" "Contento", "confianza", "equipo", "victoria", les fondamentaux de la grammaire du vainqueur du Tour 2009 sont là. Circulez, y'a rien à voir ! Ses collègues de peloton, eux, ont décidé de la mettre en sourdine. Fatigués, probablement. Seul Simon Geschke fait le déplacement, pour nous livrer sa galéjade quotidienne : "minus 2 degrees and fresh white snow again this morning. All white outside. Cycling should be part of the winter olympics soon". Ca vaut bien un retweet, non ? Allez, +1 RT pour Simon.

J-3 avant la quille. De plus en plus marqués par la fatigue, les coureurs rivalisent de complaintes online. Le plus fort, à ce petit jeu-là, c’est Carlos Barredo. Avec l’Espagnol de la Quick Step, chaque journée passée sur Paris-Nice est inévitablement qualifiée de "hard". Une variation personnelle sur le thème contadorien du "dia duro", qui donne parfois l’impression de perdre son temps devant des communiqués de presse. La langue de bois serait-elle une spécialité espagnole ? Aujourd’hui, le maillot jaune est de nouveau branché en mode VRP (en français dans le texte) : "Merci beaucoup a tout le public français pour la chaleur qui me donne. C'est un plaisir courir ici!!!" Ne manquent plus que le sourire ultra-bright et l’attaché-case. On en oublierait presque la nouvelle victoire de Peter Sagan sur le bitume.
Samedi 13 mars
"Je parle le Contador. Leçon n°3 : l’usage du ‘pero mañana’". Pour construire une phrase comme l’idole, commencez toujours par souligner le caractère difficile de l’étape du jour. Nul besoin d’aller chercher bien loin, un simple "dia duro" (voire "dia dificil", pour insister) devrait faire l’affaire. Ensuite, rassurez vos fans en indiquant que, malgré tout, vous vous en êtes plutôt bien sorti. Selon votre degré de satisfaction, optez pour "contento" ou "muy contento". La difficulté finale consiste à introduire un suspense, à créer un effet de teasing à même de captiver votre lectorat. Pour cela, rien de mieux que l’expression "pero mañana". Exemple du jour : "Un dia muy dificil superado,estoy contento pero mañana queda un dia corto y loco con bonificaciones". Un classique. A l’autre bout de la zone mixte, Frank Schleck et Simon Gerrans se félicitent, chacun de leur côté, du retour du beau temps sur la "Course au soleil". De vraies miss météo, ces coureurs. Carlos Barredo, lui, fait le bilan de sa journée : "Another very hard day. Congratulations to Tondo [le vainqueur du jour] and to everybody in the bunch, we are doing a enjoy Paris Nice for the cycling’s fans !!". Mériterait un hashtag #pilotageautomatique ce Barredo…

Dernier jour de ce Paris-Nice 2010. Amaël Moinard s’impose sur la promenade des Anglais. Evidemment, pas de trace du Français sur Twitter. On aurait peut-être plus de chance sur Minitel… Le maillot jaune reste sur les épaules de notre chouchou espagnol. Son dernier tweet de la semaine touche au sublime : "Objetivo cumplido,ufffff.....!!!Ha sido muy dificil hasta el final!!Gracias a todos y va para el equipo que han trabajado duro!!;-)" Les points d’exclamation, les remerciements, le smiley, tout y est. Que d’émotions ! Craig Lewis, modeste 142e de l’épreuve, a lui déjà la tête aux vacances. L’Américain part se reposer à Fayence, dans le Var. A moins que ce ne soit son frère, son agent ou son chef de presse… Après tout, peu importe, ce sera toujours mieux que la machine à débiter des banalités de qui-vous-savez.
Pour lire ou relire la première partie du twitt-journal, c'est ici.
Nicola Basilboli
14:48 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cyclisme, paris-nice, contador
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