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09/03/2010

Pourquoi Puel fera gagner la Coupe d'Europe à l'OL

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"Si j'avais la conviction, que ce n'est pas l'homme de la situation, imaginez-vous que je n'aurais pas tenté quelque chose ? Mon analyse est la suivante: est-ce qu'on peut faire mieux dans le contexte actuel? Sûrement. Avec qui? Je ne sais pas. Avec qui de disponible? Je crois qu'il n'existe pas."

(Jean-Michel Aulas, le 29 janvier)

On ne le refera pas. Le père Aulas, il est comme ça, il a une fâcheuse tendance. A faire quoi ? Les questions. Et ? Les réponses... Un tac-au-tac solo, une partie de ping-pong sur une moitié. En communication, c’est encore le meilleur moyen de faire passer un message…


Ce 29 janvier, JMA a tapé du balai pour chicaner l’étage du dessous. Celui-ci est occupé par Claude Puel, le taulier depuis que le proprio lui a refilé à l’été 2008 une bonne partie du porte-clés. Perrin viré de sa sous-loc, Puel est arrivé de Lille entre Saône et Rhône avec ses bagages lourds de certitudes, schémas technico-tactiques et ciment pour défenseurs. Une location en bonne et du forme pour un bail de quatre ans. Sur la porte : "Manager".

Mais Jean-Michel Aulas n’a pas débauché le besogneux Claude Puel pour les simples tâches ménagères, comprenez le championnat. Non, ce n’est pas pour un énième titre de champion que le président a fait appel à Claudio. Les ambitions sont supérieures. Elles dépassent les frontières franco-françaises, sont européennes. La chimère aulassienne.

L'affirmation peut faire sourire quand on fait le constat -justifié- d'un OL sur la pente descendante depuis deux ans, mais la grande force d'Aulas, c'est d'avoir anticipé le déclin du grand OL des années 2000, celui du tandem Juninho/Cris, et de confier le bail à l'homme de la situation, Claude Puel, qui réunit les deux qualités requises pour le poste : son sens inné de la détection des jeunes talents et sa capacité à faire déjouer les équipes meilleures que la sienne sur le papier. Vous suivez le raisonnement ? Aller le plus loin possible en Ligue des champions avec un effectif intrinsèquement moins fort que les précédents. Voilà un devis taillé pour l’alchimiste Puel, dont la méthode a été validée plus au Nord.

Dans la pratique l'obejctif est clair : mettre en place un bloc compact de 30m du dernier défenseur à l'avant-centre, capable d'exercer un énorme pressing sur l'adversaire et de se projeter vers l'avant en 2-3 passes maximum. La débauche physique demande tellement de sacrifices, que le principe n'est applicable sur la durée qu'une quinzaine de matchs par an. Tiens à deux match près pile ce qu'il faut pour gagner une Champion's League.

Le corollaire désagréable, évidemment, c'est l'absence de fond de jeu en championnat. On s'emmerde sévère le samedi soir à Gerland. C'en est tellement désespérant par moment que ça fout en rogne les esthètes du ballon comme Bernard Lacombe, voisin de pallier de Jean-Mimi, qui n'en finit plus d'agiter le goudron: "Aujourd'hui, nous sommes mièvres dans le jeu. C'est trop insuffisant. Moralement, on sent que notre équipe s'effiloche un peu dans l'adversité" déclarait-il récemment. Mais pour les plumes, nanard peut attendre.

Parce que le jeu, Puel s'en fout. Lui il est là pour refaire une équipe invincible en vue du grand stade. Mise à l'écart des historiques l'an passé, refonte de l'attaque cette année, nouvelles fondations défensives à venir, si ça se trouve Puel ne sera jamais champion avec l'OL. Son seul impératif en championnat, c'est d'être dans le top 3 à la fin des courses. Ce que Lacombe appelle un "jeu mièvre" est en fait un crédo. L'OL version Puel ne joue à rien pendant 60 minutes avant d'accélérer dans la dernière demi-heure. A ce titre, la proportion des buts marqués en fin de match par l'OL est hallucinante cette année.

Non, le défi secret du duo Puel/Aulas, c'est de faire le casse du siècle en Europe. Quand pour la première fois, Aulas laisse entendre que son manager actuel est un choix par défaut, il joue l'intox. Dans la même auto-interview, il poursuit d'ailleurs: "Je fais tout pour aider Claude Puel parce que c'est vraiment un entraîneur de qualité. Il y a plus à gagner à le valoriser qu'à le briser ou le changer." Bien lui en a pris de chauffer le Puel. Quinze jours plus tard face au Real, Makoun à 20 mètres frappe un grand coup. L’OL gagne 1-0.

Enfin Puel a gagné 1-0. Il a mis en place son dipositif, celui pour lequel il a été embauché : deux lignes de quatre hyper ressérrées, Toulalan faisant la navette entre les deux, deux ailiers capables de labourer leur côté 70 minutes sans faiblir avant d'être remplacés au front, un avant-centre à la réputation assez affirmée pour foutre les jetons à la charnière central merengue, des contre-attaques supersoniques, et voilà le travail.

Si le déroulé de la rencontre a surpris beaucoup de monde, les observateurs attentifs à la méthode Puelienne y ont trouvé leur compte. Avec lui, le bilan lyonnais en Coupe d'Europe est excellent : 15 matchs, 9 victoires, 3 nuls et 3 défaites. Pour ceux qui douteraient encore de la démonstration, Zone mixte va plus loin en disant que la méthode Puel est la seule qui puisse permettre à l'OL de battre les grosses écuries du Top 5 européen. Avec plus de réussite, même le grand Barça aurait dû y passer l'an dernier lors de la première manche à Gerland .

Alors bien sûr, le système Puel n'est pas infaillible. Il réclame une vigilance individuelle de tous les instants, et si un seul joueur craque, c'est tout l'édifice qui menace de s'écrouler. D'ailleurs même si l'OL fait le match parfait mercredi soir, il n'est pas à l'abri d'un raté de Boumsong ou d'un coup de fusil de Ronaldo. Mais si Lisandro ne mange pas les deux face-à-face qu'il aura à jouer face à Casillas et que Lloris fait les parades qu'il faut, Lyon devrait se qualifier à Bernabeu. Et quitte à avoir l'air con mercredi soir, on poussera même jusqu'à dire que l'OL sera l'un des favoris de cette édition, et des suivantes. Parce qu'avec Puel à sa tête, Lyon est beaucoup plus prêt de gagner une Ligue des Champions qu'un nouveau titre hexagonal.

Arnaud Bertrand, Julien Laloye


13:49 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : claude puel, ol, coupe d'europe, ligue des champions Partager cet article avec:

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