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03/03/2010

France-Espagne vu de l'autre côté des Pyrénées

"Je pense que ce ''victimisme'' ne correspond pas à la réalité, car on parle d'une sélection très forte et puissante."

(Vicente del Bosque, sélectionneur espagnol, à propos de l'équipe de France)

Les Espagnols, qui viennent défier les Bleus ce soir au Stade de France, ont eu plein de mots gentils pour nos petits Bleus. La meilleure équipe du monde, cent coudées au-dessus des Bleus et largement en avance dans son projet de jeu, s'est distinguée par son humilité depuis son arrivée à Paris. Mais pour vérifier si tout cela est bien vrai, rien de mieux que de jeter un œil aux gazettes sportives de ce mercredi en Espagne. Savoir ce que pense la presse chauvine du grand favori à la Coupe du monde en Afrique du Sud, voilà qui devrait donner une idée sur l'actuelle réputation internationale des Tricolores.


Première surprise, les rédacteurs en chef de certaines journaux ont appris des leçons passées. Ainsi le madrilène Marca, qui s'était distingué en 2006 par une Une pour le moins osée - "Nous allons mettre Zidane à la retraite" - avant le huitième de finale entre l'Espagne et la France, la joue tout en modestie. Le quotidien parle "de dernier test sérieux avant le premier match du Mondial" et décrit la France comme "un rival de tout premier plan". On peut même se demander si Marca n'en fait pas un peu trop dans l'autoflagellation, en opposant dans le face-à-face du jour Yoann Gourcuff, souffreteux avec Bordeaux depuis un moment, et Xavi, troisième dans la course au Ballon d'or 2009 et à l'origine de 90% des grandes prestations du Barça depuis deux ans.

C'est que la presse sportive espagnole, qui s'intéresse généralement peu à ce qui se passe hors de chez elle, continue de penser selon le spectre ibérique. Ainsi, pour Tomas Guash, l'éditorialiste vedette du journal AS, "La France continue de regretter l'époque de Zidane", alors que pour le Mundo Deportivo, "Benzema constitue l'absence la plus importante chez les Bleus". Mieux vaut y voir une vacherie de la part du quotidien catalan, qui se délecte chaque semaine des malheurs de Benzema et rit sous cape de voir Thierry Henry, à la rue en club, jouir du statut d'incontournable en équipe de France. A noter aussi que le MD, qui lui traite de tous les sujets dans une perspective "azulgrana", fait le détail des joueurs présents sur la pelouse susceptibles d'intéresser le Barça. Ribéry fait bien sûr partie des préférés, ce qui n'est pas le cas de Gourcuff, même pas cité. On en conclut que depuis l'expérience Riquelme, le Barça tente d'éviter les numéros dix faux lents et vraies déceptions...

Mais on reste sur notre faim : tout ça reste dénué de mauvaise foi et emprunt d'une certaine objectivité à laquelle le lecteur espagnol n'est plus habitué. Pourtant, l'Espagne sait bien qu'elle dispose de la meilleure équipe du monde, articulée autour d'un milieu de terrain inégalable en qualité technique (Xavi, Iniesta, Silva), alors pourquoi tant de modestie ? Une première piste est donnée par le quotidien El Mundo, qui ne peut s'empêcher d'évoquer le sempiternel sujet du "black power" dans la sélection française. Aucun besoin de lire l'article, intéressant par ailleurs... On sait déjà où l'auteur veut en venir entre les lignes : le potentiel physique de l'équipe de France.

Les Espagnols n'ont pas la mémoire courte, ils se souviennent de deux choses. La première, c'est qu'ils n'ont pas gagné sur le sol français depuis 42 ans. La seconde, c'est que les Bleus ont toujours gagné les rencontres qui comptent entre les deux équipes, à l'Euro 84, lors de celui de 2000, puis à la Coupe du monde 2006. On peut même parler d'un certain traumatisme provoqué par la défaite de 2006, lorsque les Français avaient littéralement broyé la Roja, bien meilleure sur le terrain mais incapable de résister au défi physique imposé par les Bleus. Or, les Espagnols connaissent bien Lassana Diarra, et depuis qu'ils ont vu Toulalan coller aux basques de Kaka il y a quinze jours lors de Lyon-Real, ils sont moins fringants.


Tout champions d'Europe qu'ils sont, les Espagnols nourrissent donc un vrai complexe vis-à-vis des Tricolores, qui se ressent dans la confiance modérée affichée par la presse ibérique ce matin. Le genre de complexes que la France a toujours su imposer aux maîtres de la discipline. Pour ne citer que deux exemples, on rappellera le bilan incroyable des Français face au Brésil en phase finale de Coupe du monde (remember 86, 98 et 2006), presque comparable à celui du XV de France contre les Néo-Zélandais en rugby.

Del Bosque a d'ailleurs prévu de sortir l'artillerie lourde ce soir pour enfin s'imposer à Paris, et ce n'est pas innocent. Casillas rappelait hier que le match amical remporté par une Espagne au statut d'éternelle promesse, il y a deux ans à Malaga, face à des Bleus vice-champions du monde et bien plus favoris qu'aujourd'hui, avait quelque part permis à l'Espagne de croire en son destin en Suisse-Autriche. Les Bleus pourraient appliquer la même maxime en se souvenant qu'en 98, pour l'inauguration du Stade France, ce sont eux qui s'étaient mis à croire en leur étoile mondialiste en battant l'Espagne, invaincue depuis sa défaite au Mondial 94.

Au vu des précédents, Zone mixte mettrait bien une petite pièce en Afrique du Sud sur le vainqueur de ce match. Surtout si l'Espagne s'impose.

Julien Laloye

13:46 Publié dans Futibol | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, espagne, football Partager cet article avec:

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Commentaires

Je prend ca comme un present

Écrit par : i-pneu | 06/08/2014

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